PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Larmes

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Photo ©Lamouetterieuse

LARMES

Larmes d’âme

Se pâme une Dame

Ancrées profond

Gouttes d’encre

Jets en l’air

Sang mortifère

Sombre parterre

Points sur la toile

Broderie sans titre

Rire à aiguiller

Sens aiguisé

Pire éclaboussé

Gueule déformée

Boue infâme

Âme en larmes.

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : P’tit gars d’Paris #13 : Fête de tous les Saints

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La Toussaint, comme toutes les fêtes catholiques, était l’occasion pour l’école d’Emile de participer à l’organisation d’une belle célébration en l’église Saint Augustin toute proche. Les cours de catéchisme de Fénelon étaient d’ailleurs dispensés par des prêtres de la paroisse, dont l’Abbé Desgrières. Ce dernier, du fait de son âge avancé, s’était vu confier l’animation des classes du primaire, dont celle de notre écolier, qui, en cet automne 1950, était alors en dixième. Emile était certes un élève de niveau discutable, mais il avait été choisi comme servant d’autel pour l’apparente sagesse que laissait croire son regard rêveur. Avec cinq de ses camarades d’école, le cruciféraire, le thuriféraire, un autre céroféraire et les servants, ils suivaient Monsieur Le curé et son clergé en soutane et surplis, dans la procession solennelle qui remontait les rangs jusqu’à l’autel. Dos cambré en arrière dans sa soutanelle et son surplis blanc en dentelle fine, Emile peinait à porter un candélabre d’argent presque aussi haut que lui-même. Afin de se donner du courage, il s’imaginait en Templier, sous son long manteau blanc, couvert d’une cote de maille dont le poids semblait à peine moins lourd que la somme de ses péchés.

Les parents d’élèves étaient assis dans l’immense nef, aux côtés des autres habitants du quartier. Des fidèles de tous âges, de toutes conditions sociales, des diplomates aux concierges, en passant par des avocats, des médecins ou des épiciers, étaient unis, frères en Jésus-Christ, pour cette belle fête qui célébrait chacun d’eux, filles et fils du Seigneur par le baptême. La liturgie en latin, célébrant l’Éternel et tous ses Saints, résonnait sur les piliers impressionnants de l’édifice, pour finir en sourd rebond dans la poitrine d’Emile, étourdi par les lourds nuages d’encens. A genou sur le marbre glacé, il priait pour ses défunts grands-parents et en particulier pour sa chère grand-mère qui avait été emportée par la tuberculose une nuit d’hiver quarante-sept. Pendant l’office divin, pour un garçon de l’âge de huit ans comme lui, la vie aurait dû lui sembler une éternité, mais elle lui apparaissait ténue comme la lueur du cierge posé sur l’autel qui s’élevait du chœur vers la coupole.

Ita missa est. Il retrouva ses parents sur les marches extérieures, sous les arches qui soulignaient l’immense rosace, un vent acéré giflant ses joues brûlantes, se sentant investi d’une mission de la plus haute importance. Aimer les siens sans retour, faire fructifier ses propres dons et cheminer avec clairvoyance dans son humble mais préciseuse vie, afin, un jour peut-être, d’espérer devenir lui aussi un saint.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Matières à penser

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Matières à penser

Ils sont vingt-deux, sur une scène d’herbe verte bien fraîche. Deux fois onze acteurs en tenue 100% synthétique, suant, pleurant, un ballon rond en cuir épais à leur pied. En perpétuel mouvement, s’affrontant, tombant, grimaçant, se relevant dans la lumière éblouissante des spots blafards. Gamins en culotte courte dans une cour d’école, figurines de baby foot en bois manipulées par un géant désabusé. Schtroumpfs zigzaguants contre diablotins sautillants. Rois de l’arène.

Dans les tribunes, bondissant de leurs sièges en plastique gris moulé, les supporters s’époumonent, postillonnent de colère, sprays de vapeur, des larmes salées perlent sur leurs joues, leur maquillage dégouline, Peaux-bleu-blanc-rouge des villes. Le petit empereur, raide dans son costume en laine de soie, écharpe tricolore en pur polyester des Andes sur ses épaules tombantes, semble tétanisé par le déroulement des opérations. Est-ce parce qu’il n’a pas une tête à sucer de la glace qu’on lui offre un verre d’eau… glacée ? C’est plutôt un bon coup de Porto qu’il lui faudrait, ou pas… A moins que ce ne soit un avant-goût de la chute qui l’attend dans le stade, ce soir, dans l’arène politique, demain. La pelouse a un goût amer, le sable aura un goût de poussière. « Souviens-toi, homme, que tu es poussière, et que tu redeviendras poussière. » [Genèse II, v.19] …

Pour ceux du « Pays où le noir est couleur », la victoire sirupeuse est couleur sang. A déguster avec modération.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Des mots pour mes maux

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Blablabla

Des mots pour mes maux

Les mots sont mes passeurs d’histoire. A l’écoute de mon âme qui divague, ils transmettent mes émotions confuses qui fusent, s’enchaînent pour me délivrer. Témoins d’un souffle fugace, ils seront là encore, lorsque ma plume se sera envolée vers des cieux inconnus.

Souvent, comme de bons vieux amis, ils me font sourire par leur espièglerie que je devine au premier signe. Alors, je les encourage, les titille et les câline.

Sensibles au miroir des petites choses, des petits gestes, des petits riens, ils sont attentifs à la beauté du monde. Sublimes, ils me portent, m’élèvent et me dépassent. 

Parfois, ils me révoltent, se moquent de mes maux et je maudis leur amertume. Mais ce n’est que ma bile, qui me désespère et tire des larmes d’impuissance à mon ego imbécile.

A jamais, les mots seront les béquilles de mon cœur. Sans eux, amputée d’une jambe, bavant d’un plein ou d’un délié, je chuterais, sans eux je ne pourrais avancer, sans eux, je ne pourrais plus me relever, et encore moins aimer.

Les mots sont la quintessence de mes maux. Sans eux, finie la vie, point de repos.

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Mystères de l’escalier

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Escalier des cent marches, Orangerie du Château de Versailles

Échanges dans les entrailles de la terre, fébrile activité des hommes dans leur fourmilière,

Sens alternés, erreurs de direction, pour celui qui hésite, ne connaît plus sa destination,

Cauchemar de l’alité, qui dedans y est tombé et craint un jour de devoir y retourner,

Après chaque marche, encore une marche, pour le petit qui commence à avancer, progresser vers l’infini !

Lien sacré-ment secret vers ma tour d’ivoire, mon refuge, mon phare à moi, ma mémoire,

Immuables degrés, de bois, de fer, de pierre ou de terre, qui survivront à nos orgueils démesurés,

En partance pour la vie éternelle, pour celui qui monte aux cieux, guidé par la main de Dieu,

Rampe interdite aux vers de terre, réservée à ceux qui marchent, fiers, vers d’autres stratosphères.