PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Larmes

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Photo ©Lamouetterieuse

LARMES

Larmes d’âme

Se pâme une Dame

Ancrées profond

Gouttes d’encre

Jets en l’air

Sang mortifère

Sombre parterre

Points sur la toile

Broderie sans titre

Rire à aiguiller

Sens aiguisé

Pire éclaboussé

Gueule déformée

Boue infâme

Âme en larmes.

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

 

 

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Il est des mots…

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il n'y a pas de hasard

Il est des mots…

Il est des mots…

Île aux démons,

L’hideux émoi

Étroit du moi,

Ivre du sort.

Et l’Hydre ressort,

En livrée d’émaux

Enivrée d’amour,

Livrer des mots

En livret de maux.

 

Il était une fois…

Un livre inachevé,

Instants tronqués, morcelés

D’une vie trompée, harcelée,

D’humeurs ensorcelée.

Pensées non amènes,

Pincées bien amères,  

Trempées nues dans l’encrier étonné,

Submergé, subjugué.

 

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Beauté retrouvée

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Jersey, août 1981

Photo ©Lamouetterieuse

Patiente, elle ruminait dans un tiroir, comme d’autres clichés fanés,

Sous son bec ramolli, broyant lentement du noir.

Ses yeux n’affichaient désormais plus d’espoir,

Qui commençaient à être de toutes parts cernés.

 

Elle s’ennuyait ferme de ne plus humer l’iode,

Car Kodak ne lui offrait qu’un parfum de terre.

Ses pattes palmées étaient d’un gris terne,

Toutes grippées dans ce morne désordre.

 

Quand les mois et les années avaient coulé,

La belle Jersey et elle n’avaient guère changé. 

L’eau de mer tranquille était restée salée

Autour du bateau sous ses pieds.

 

Elle se disait : « la nostalgie, c’est bien joli, joli,

Qui incite ma gentille maîtresse

A rechercher dans un carton jauni

Ses souvenirs d’une lointaine jeunesse. »

 

Elle ajouta : « Grâce à sa ténacité,

J’ai enfin retrouvé ma liberté

Et peux encore offrir à son sourire

Les traits de ma beauté retrouvée ! »

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Les contes de la mouette : Le banc du poissonnier

mouette de face

Le banc du poissonnier

Le banc du poissonnier sur le bord du quai avait été installé

Pour que les marins épuisés puissent y démêler leurs filets,

Ou pour le repos des touristes blafards un peu égarés,

Mais c’est la mouette qui en a fait sa propriété.

 

Elle s’y tient sur une patte, équilibriste de pacotille,

Regarde le merlan dans la glace pilée qui frétille.

« T’as des yeux d’merlan frit », lui dit, en mode Gabin, le goéland,

« Euh… toi, j’t’ai pas d’mandé l’heure, pôv’ gla*d. » (censuré)

 

Les gants jaunes du poissonnier ressemblent à ses pattes,

Qui farfouillent dans les bacs de crustacés cuits.

Elle f’rait mieux qu’lui pour détacher les carapaces

Des tourteaux, des langoustes, des homards rougis.

 

Experte en dépeçage, par passion artiste marine,

Poétesse haïe des petits vers dans la saline,

Ogresse tortionnaire des bancs de poissons,

Elle ne laissera personne souiller son illustre réputation.

 

Se sentant épié, le poissonnier relève le bout de son gros nez,

Ose même lui jeter par-dessus l’épaule un sale regard, 

Auquel elle répond d’un oeil torve et hagard.

Des bipèdes en tablier, elle n’a pas peur, vous savez.

 

Certains voulaient l’appeler « le banc du poissonnier »,

Des pancartes l’avaient même depuis les ruelles désigné.

Désormais tout le monde l’appelle « le banc de la mouette », c’est avéré.

De ses sphincters elle en a d’ailleurs depuis longtemps signé le dossier. (censuré)

d’autres « fous-rires de la mouette » à venir…

 

 

 

 

Les « english poems » de la mouette #13 : Autumn leaves, leave me alone

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Photo ©Lamouetterieuse

Autum leaves, leave me alone

Away fly my pain, away goes my sorrow,

Under the dark sky, under the rusted leaves !

Ô what a vain dream, this is quite unreal…

And there I remind, alone with my soul.

Under my skin stay, stay my acid tears,

In my twisted veins, float bloody ideas.

Autumn leaves are dying, dying without notice,

As I crush their back, I please them to leave, leave me die alone.

d’autres « english poems » à venir…

 

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Teddy bear

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Teddy bear

Perdu mon ours en p’luche

Quand je suis dev’nue femme,

Fière de n’plus être nunuche

Quitte à perdre mon âme.

 

Je regarde les bout’choux

Te serrer sur leur cœur,

Je vois leur regard doux

Débordant de bonheur.

 

Je n’ai plus ta p’tite patte 

Ta caresse de douceur,

Que ma main sur le vide

Qui s’ouvre en douleur.

 

Alors je te mange cru,

En gélifié, guimauve, 

Et te porte à mon cou,

Acrylique du pauvre.

 

Je brode tes contours

Au petit point de croix,

Et je compte les jours

Qui m’éloignent de toi.

 

Tu m’écoutais pleurer,

Épanchant mes sanglots,

Quand on m’avait grondée,

Que je n’avais plus d’mot.

 

Je suis grande et n’ai plus

Mon nounours adoré,

Motus et bouche cousue,

Même plus l’droit de pleurer.

 

Je lève les yeux au ciel,

Asséchés d’tout espoir,

Fugitif, éternel,

Teddy bear, au revoir…

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Scorpion des villes

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scorpion

Scorpion des villes

Je suis le scorpion des villes, qui marche à reculons entre les passants imbéciles,

Combattant solitaire, cœur de passion bouillonnant, âme de sang froid incorruptible.

 

Je fixe mes proies de mon regard impassible, les saisis d’un pincement hypnotique,

Pauvres hères sans convictions, minables déchets d’une pensée désertique.

 

Ne vous avisez pas de venir me titiller, j’ai sur tout de brillantes idées,

Sauf si vous souhaitez goûter au fiel de mon aiguille empoisonnée.

 

Mais si d’aventure l’un d’entre vous ose blesser la chair sous ma carapace armurée,

Alors sans hésiter, sans regretter, d’un geste final je vous arrêterai dans la foulée.

 

Arc-bouté, toréador’gueil, je plongerai mon sabre au creux de mes reins sondés,

Me ferai hara-kiri sans rire, pour mourir méprisé de tous, au creux des froids pavés.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…