PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : J’écris

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Photo ©Lamouetterieuse

J’écris

Je crie la nuit sans espoir,

J’écris alors sur du blanc

Les mots broyés dans le noir

Café serré sans faire semblant :

 

Les mots marchent à petits pas,

Au rythme de mon cœur si las,

Jambes noires sur la scène éclairée

Du papier clair de mon clavier ,

 

Ils osent un pas, puis reculent de deux,

Courageux mais pas téméraires,

L’encre bave sous leurs yeux

En trait sombre d’eye-liner

 

Smoky eyes, regard livide,

Accents graves, points d’suspension,

Voix perdue, air sordide,

Où est l’interrogation ?

 

Noir sur blanc, c’est du gris,

Sentiment délayé,

Or le gris c’est joli,

Mensonge ou vérité 

 

Les mots ont mal aux guibolles,

Et les bras en compote,

D’avoir porté sans escorte

Une pluie de symboles /

 

Pour ponctuer tous leurs maux,

Ont pleuré chaudes larmes,

Faut fermer les rideaux, 

Eviter d’autres drames ^^

 

Mots broyés, papier mâché,

C’est écoeurant, ce gâchis,

Je vais tout recracher

Du dégueulis que j’écris !

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

 

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Larmes

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Photo ©Lamouetterieuse

LARMES

Larmes d’âme

Se pâme une Dame

Ancrées profond

Gouttes d’encre

Jets en l’air

Sang mortifère

Sombre parterre

Points sur la toile

Broderie sans titre

Rire à aiguiller

Sens aiguisé

Pire éclaboussé

Gueule déformée

Boue infâme

Âme en larmes.

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Il est des mots…

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il n'y a pas de hasard

Il est des mots…

Il est des mots…

Île aux démons,

L’hideux émoi

Étroit du moi,

Ivre du sort.

Et l’Hydre ressort,

En livrée d’émaux

Enivrée d’amour,

Livrer des mots

En livret de maux.

 

Il était une fois…

Un livre inachevé,

Instants tronqués, morcelés

D’une vie trompée, harcelée,

D’humeurs ensorcelée.

Pensées non amènes,

Pincées bien amères,  

Trempées nues dans l’encrier étonné,

Submergé, subjugué.

 

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Tirer des traits

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Photo ©Lamouetterieuse

Tirer des traits

Ecrire, tirer des traits,

Tirer des traits, porter des charges,

Porter des charges, traîner sa vie,

Traîner sa vie, tirer d’un trait,

Tirer un trait. Tiré dessus. Exécution !

Ne plus écrire. Qu’un titre. Traître trait. S’est tiré.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Il fait froid

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Photo ©Lamouetterieuse

Il fait froid

Il fait froid dans ma maison.

Même fenêtres ouvertes, ne rentre pas la chaleur.

Il fait froid dans mon cœur.

Même bras ouverts, ne rentre pas l’amour.

Il fait froid dans ma vie vidée de passion.

Même avec la chaleur, même avec l’amour, même les bras ouverts, je me meurs.

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Le cri de la dépression

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Photo ©Lamouetterieuse

Le cri de la dépression

Une femme seule hurle dans sa maison. C’est le cri de la dépression. 

Plus déchirant que celui de la jouissance,

Plus douloureux que celui de l’enfantement,

Plus laid que le caprice du petit enfant,

Plus seul que le cri des manifestants,

Plus fort que le plus fort des hurlements.

Le cri de la dépression,

Vagissement hideux

De la bête blessée,

Éclatement non maîtrisé

De la tête prête à éclater.

Le cri de la dépression,

Nausée gutturale

Qui n’enlève pas le mal,

Appel involontaire

De l’âme solitaire,

Et refus de toujours être

L’oubliée des solidaires.

Le cri de la dépression,

Celui qui veut dire non

A la vie insipide,

A l’amitié délaissée,

A l’amour inaudible.

Le cri de la dépression,

Monologue abominable

D’une vie détestable,

Celui qui meurt des câlins

Qui jamais plus ne viendront.

Le cri de la dépression, c’est l’appel sans retour du cruel monde. C’est la laideur intérieure d’une bête immonde. Le déchirement vers l’infini d’une louve amère. Une femme seule hurlait dans sa maison.

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : L’écrivain

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Photo ©Lamouetterieuse

L’écrivain

L’écrivain,

Celui qui écrit en vain,

Lance ses maux dans le vent,

Histoire d’être bien un temps,

Mongol-fier dans les airs,

Ballon de baudruche à terre,

Nuées de gaz éphémères,

Pluies de pensées délétères,

Toutes gonflées d’amertume,

Et qui n’rapportent pas d’thune.

 

L’écrivain,

Celui qui écrit en vain,

Qui rêve de jours meilleurs,

Se débat dans le malheur,

Souhaite la paix des hommes

Qui est si simple en somme,

Prie pour la paix des âmes

Et crie comme un pauvre âne,

Ignoré du tohu-bohu de la rue,

Par son papier reste seul lu. 

 

L’écrivain,

Celui qui écrit en vain,

D’une main malhabile,

De son vieux stylo bille,

Qui bien plus que son encre

Donnerait cent fois son sang,

Plus encore que du rêve,

Qui voudrait une vraie trêve

Pour apaiser les cœurs,

En adoucir les peurs.

 

L’écrivain,

Celui qui écrit en vain,

Un narcisse du grimoire

En recherche d’espoir,

Instable et imbécile, 

Flamand rose sans béquille,

Amoureux des belles lettres,

Empêtré de mal-être,

Ecrire d’un jet, c’est bien,

Jeter ses écrits, moins vain.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…