PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Bébêtes pas si bêtes

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Photo ©Lamouetterieuse

Bébêtes pas si bêtes

Elles se sont échappées de ma rouge chevelure,

Araignées de science fiction, de la « Guerre des Mondes »,

Parties tranquilles se balader sur la couverture,

Monstres noirs, bêtes velues aux pattes immondes.

 

Elles avancent d’un pas, menaçantes et silencieuses,

Me toisent de leurs grands yeux qu’elles croient invisibles,

Défiant mon imagination ténébreuse,

Mais ma peur infantile m’apparaît si risible !!

 

Je ne crains plus les barrettes aux longues pinces,

Et les saisis par la tête comme de vulgaires dormeurs,

Parce que je voudrais bien me rendormir, mince !

Rêver, bébêtes dans mon cerveau, poux créateurs ! 

 

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

 

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : PEUR

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Photo ©Lamouetterieuse

PEUR

Perte de repères, panique incessante, insensée, incontrôlée,

Envol bulbeux, évasions rêveuses, utopies consolatrices, impuissante,

Ubiquité du Bien, du Mal, asservissement planètifié, injustice délibérée,

Renfermement sur soi, pourriture d’attitude, oubli salvateur, fin souhaitée, soulagée ?

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Ecran noir

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Ecran noir

Placardé sur le mur blafard d’une chambre d’hôpital,

Trophée bêtement exhibé d’une société lobotomisée,

Tu restes impassible dans ton rectangle imbécile,

Regard inexpressif d’une face qui jamais ne sourcille.

 

Tu ne m’envoies que des platitudes, reflets de ta servitude,

Des idées hors cadre d’une affligeante banalité,

Des projets avortés de n’avoir pu voir le jour,

Dans le silence accusateur de mes secrètes peurs. 

 

J’ai beau tenter de détourner le regard,

Tu rappelles mes pupilles à ton noir miroir,

Mais tu me laisses sans réponse, torturée d’incertitudes,

Et ton âme de verre et de métal me laisse glacée,

Tandis que pour les visiteurs le beau tu fais.

 

Jamais je ne connaîtrai tes sombres secrets,

Ne décrypterai l’encre mate et immobile 

De ton écran amorphe dont seul le voyant vacille,

Fausse lueur rosée d’un espoir inutile,

Appel imperceptible à la déchirure de ton silence,

Pour rompre le mien, tombeau de mes idées noires.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

 

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Monde horizontal

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Monde horizontal

Elle s’allonge sur le brancard, destination bloc opératoire. Ses jambes ne sent plus, ses bras ballants non plus. Trimbalée telle un bébé, sans aucune volonté, elle gît, consciente mais totalement impuissante. Vision directe vers le haut, réduite sur les côtés, moins de 180 degrés d’acuité, handicap de bête à oeillères. D’interminables couloirs, étroits, blancs, blafards, traversés avec art, doubles virages contrôlés. Raclement de roue qui couine, dents qui grincent, dérapages contrôlés. Les plafonds défilent, défilent… imperturbables, infinité de plaques ajustées, trop bien assemblées, univers sécurisé. Les doubles portes devant elle s’ouvrent comme par magie, pilote sans volant, demi-tour ajusté, perte de sens, désorientée. Autres lits-roulants rencontrés, sourires échangés entre brancardiers, histoires de pause et de cafés serrés. Curieuses fourmis black en blouses blanches ! Surgit l’ascenseur gris-froid acier, monte-charge pour viande assistée. Ralenti, puis arrêt, brutal, fin de la course, suffit de rigoler ! Froid chirurgical, incertitude, anonymat de l’hôpital.

Docteur, vous êtes servi ! Madame la Mouette est arrivée, sur un plateau-repas aseptisé !

d’autres « Pensées sans retouches » à suivre…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Histoire sans paroles

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Histoire sans paroles

Ils sont assis côte à côte dans la salle d’attente, le père et le fils. Le père, tête grisonnante, corps décharné dans son jean raide, au bout du rouleau. Le fils, barbu brun, cheveux fous, plein de vie, monté sur ressorts.

Le père se cramponne à sa petite valise d’un air inquiet, comme un petit garçon effrayé à l’idée d’un long voyage vers une destination inconnue. Le fils passe son temps à tenter de le rassurer. Au fond, c’est sa vocation de fils, de soutenir comme il le peut l’auteur de ses jours qui vacille tel une petite flamme menaçant de s’éteindre à chaque respiration. Le fils aimant masse affectueusement le dos voûté par les ans, le réchauffe de ses longues mains, sans se lasser. Il glisse à l’oreille de son père de douces paroles pour consoler son cœur affolé.

Personne autour n’entend, mais chacun, attentif à leur dialogue muet dans cette impersonnelle salle d’attente, comprend. Le père va partir pour une opération, peut être risquée, peut-être la dernière de sa fragile existence. Un passage, encore un, saut dans le vide, ou le néant.

L’amour d’un fils pour son père n’a pas besoin de manières, il parle en silence, souffre sans bruit, oublie tous les conflits de la vie.

Dans l’atmosphère tendue d’une salle d’attente d’hôpital, s’est déroulée une histoire sans paroles, mais emplie de sens.

d’autres « Pensées sans retouches » à suivre…