PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Année fantôme

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Photo ©Lamouetterieuse

Année fantôme

Il est des années qui fuient. Tempus fugit inexorabile. Des années que l’on n’a pas vues. Passées, vécues, mais inaperçues. Senties, peinées, pleurées, mais insensibles. Insensé !

Ainsi, il me semble que ma vie s’est arrêtée en décembre 2015, lorsque je fus poussée à démissionner d’un poste de bénévole où j’excellais. Le trauma fut si intense, après plus de sept années pendant lesquelles j’avais de moi tout donné, que plus rien ne semble avoir compté après. Tsunami émotionnel, amnésie brutale, choc frontal. Aidée par personne, enfoncée, psychologiquement maltraitée, ignorée par mon entourage. Une blessure sur une autre blessure. Chair doublement déchirée. Âme en lambeaux. Sans domicile fixe.

L’année 2016 semble s’être fondue dans la suivante, et vice-versa. C’était l’année 2016-2017. Compilation, « worst of », puzzle d’émotions en demi-teintes. Alors, désespérée, je tente de me raccrocher à des faits, même douloureux. Comme des bouées maritimes dans des voiles de brume dont je n’arriverais à percevoir qu’un fin filet sonore, dont je n’apercevrais que toutes les deux secondes les courbes noires.

A la charnière 2015-2016, j’étais si mal, si malheureuse dans ma vie personnelle, que j’ai eu malgré tout ce sursaut, pris cet acte de survie, pour ne pas sombrer : demander l’aide d’une psychologue, qui depuis… février… 2016, me suit une fois par semaine, sans interruption. Ce ne fut qu’un an après, au bord des nerfs, incapable d’accomplir les plus simples gestes, hébétée, en larmes du matin au soir, que mon état fut reconnu comme « dépression majeure » par le psychiatre que j’avais décidé d’appeler, aux abois, torturée par le mal ambiant qui s’appesantissait chaque jour plus. C’était fin mars 20… 17. Courant 2017, j’ai dû vivre quelques moments intéressants, oui, certainement quelques instants de bonheurs. Mais ils sont si fugaces que je n’arrive plus à les dater. J’ai perdu la mémoire du bonheur.

Une année fantôme, une année où des tas de moments furent sans doute gravés noir sur blanc au fond de moi, ou tatoués en surface au creux de mes mains, sur ma poitrine, mais qui sont comme écrits à l’encre « sympathique ». Il leur faut un révélateur, une lumière, une lueur… d’espoir, pour tenter d’être reconnus, lus, bus. Cette année 2017 erre en moi, elle me hante par son absence lancinante. Le temps fuit inexorablement. il ne s’arrête pas, jamais. Que dans les rêves vivaces encore à mon réveil, que dans l’éternité qui s’étirera sans fin. Mes cellules ont vieilli d’un an, elles ont dégénéré chaque jour un peu plus. Ma jeunesse, que je n’ai presque pas connue, s’éloigne de moi comme un mirage. Irrattrapable. La mort approche, implacable. Je me sens fatiguée, vidée, inutile. Pâle comme l’ombre de moi-même, j’erre, incertaine, entre un passé qui s’efface et un avenir sans contours.

Alors, simplement, en ce début d’année… 2018, je ne peux, je ne veux formuler qu’un seul voeu, fou, inespéré : que cette année, quelle qu’elle soit, ne soit pas encore une année-fantôme. Que je cesse d’être un mort-vivant. Que je reprenne goût à la vie. Que je sorte de l’oubli. Que je voie la lumière. Enfin.

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

 

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Je dors…

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Je dors...

Je dors…

Je dors pour oublier que je pense.

Je pense que j’oublie que je dors.

Je dors pour oublier que je souffre.

Je souffre d’oublier que je pense.

Je dors pour oublier que je dors.

Je dors pour oublier que j’existe.

J’existe pour penser, souffrir, dormir.

Plutôt oublier, ne rien sentir, mourir.

d’autres « pensées sans retouches » à venir…