PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Belle au bois dormant

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Château de l’Enclos, Brûlon, Sarthe

Photo ©Lamouetterieuse

Belle au bois dormant

  • Elle attendait son Prince charmant depuis si longtemps,
  • Fragile beauté nimbée dans les bras de Morphée.
  • Il arriva, une nuit d’hiver, sur son beau cheval blanc,
  • Sans bruit, avec l’élégance des gens de bonne extraction,
  • L’enveloppa d’un long baiser givré, de ses lèvres bleutées.
  • Elle se laissa posséder, s’abandonnant à son étreinte glacée,
  • Amante consentante, douce endormie dans le froid persistant.
  • Enlacés dans le silence complice de la nature alentours,
  • Ils se contemplaient sans mot, s’effleurant sous la caresse du vent.
  • Le corbeau sur le cime du séquoia les jalousait de son oeil mauvais,
  • Agaçant oiseau de malheur en moire livrée,
  • Triste sire, noir célibataire que personne ne venait consoler.
  • L’étreinte des amants dura trois jours et trois nuits,
  • Scellant leur amour pour l’éternité dans le givre immaculé.
  • Mais de tièdes larmes vinrent briser leur union,
  • Dans la crainte de leur inévitable séparation.
  • Le bois délaissé se répandit en douloureux torrents gris glacés 
  • Qui se perdirent dans les entrailles du sol, tombeaux affamés.
  • Ses longs bras craquèrent de douleur,
  • Ses feuilles se racornirent dans un souffle de peur.
  • La belle referma ses végétales paupières, ses cils épouvantés,
  • Replongea dans le silence de la nuit indifférente,
  • Cœur serré d’avoir vu s’évanouir à jamais son bel amant immaculé.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

 

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Caresse d’Éole

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Photo ©Lamouetterieuse

Caresse d’Éole

Par ta caresse, Éole,

Sur mon front rafraîchi,

Mes feuilles frissonnent,

Purs soupirs de l’esprit.

Tu glisses, courant indécis,

Feuillettes d’un doigt invisible

Les frêles pages mobiles

Des histoires de ma vie.

Sur ma joue surprise,

Tu me claques une bise,

Et me laisse indécise,

Soufflée par ta brise.

Se ferment mes yeux,

Avides de bonheur…

Et pour les jours pluvieux,

Enferment ton odeur.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Plumeaux végétaux

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Photo ©Lamouetterieuse

Plumeaux végétaux

Dame Nature n’en n’a cure de faire le ménage,

Dotée de perfection, elle préfère rester sage.

 

Juste pour nous se faire belle, elle prend ses doux pinceaux,

Caresse le ciel, pare ses yeux des bleus les plus beaux.

 

Puis elle s’évente, lentement, élégante courtisane,

Effaçant du passant les amers tourments de l’âme.

 

Les hommes se barbent avec de banals blaireaux,

Ignares qu’ils sont de l’art délicat du plumeau.

 

La douceur appartient à la femme végétale,

Qui chatouille avec grâce nos âmes irritables.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Mon vén-érable

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Mon vén-érable

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Acer Monspessulanum

Photo ©La mouette rieuse

Les pluies diluviennes de ce début de printemps ont donné des feuilles aux arbres noirs de l’hiver. Petits bourgeons, grandes émotions. Appel de la Nature, appel à l’écriture.

Sur le chemin qui traverse le parc de l’hôpital, les patients se hâtent vers leurs rendez-vous de consultation, ou en reviennent d’un pas las. La nature qui borde ce passage les regarde défiler, blasée. Eux ne sont que simples mortels, elle est éternelle.

C’est alors que, dans l’indifférence générale, oubliant les pas qui martèlent le sol autour d’elle, elle s’arrête, subjuguée par sa beauté. Il l’attendait, elle l’avait compris sans paroles : le majestueux « érable de Montpellier », dans sa toute nouvelle livrée. Il suit les passants, il suit les saisons, il trace sa route, immobile. Imperturbable. Respectable. Vén-érable. 

Elle aimerait tant poser sa joue contre ses bourgeons éclatants, faire crisser leur vert irréel entre ses doigts, puis les croquer un à un avec ravissement ! Mais elle n’ose, il en impose. Alors, elle ferme simplement les yeux et se laisse emplir de sa fraîcheur, de sa verdeur, de sa douceur, irréelle couleur.

Personne autour n’a rien compris, rien vu, rien entendu de leur communion. La vie de ces patients est trop passionnante, trop trépidante, trop extraordinaire !

Les pauvres, faite pourtant pour eux, ils sont aveugles à la Nature. Elle n’attend d’eux qu’un regard, un sourire. Déracinés, ils ne veulent pas que le temps s’arrête, pour Elle, il veulent que le temps continue, pour eux seuls.

C’est pour cela qu’eux ne seront jamais, jamais, jamais, des êtres vén-érables.

d’autres « Pensées sans retouches » à suivre…