PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Il est des mots…

couleurspantoneorangegrisvertbleu

il n'y a pas de hasard

Il est des mots…

Il est des mots…

Île aux démons,

L’hideux émoi

Étroit du moi,

Ivre du sort.

Et l’Hydre ressort,

En livrée d’émaux

Enivrée d’amour,

Livrer des mots

En livret de maux.

 

Il était une fois…

Un livre inachevé,

Instants tronqués, morcelés

D’une vie trompée, harcelée,

D’humeurs ensorcelée.

Pensées non amènes,

Pincées bien amères,  

Trempées nues dans l’encrier étonné,

Submergé, subjugué.

 

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : J’écris la nuit

couleurspantoneorangegrisvertbleu

wp-1500828222561.jpg

Photo ©Lamouetterieuse

J’écris la nuit

J’écris la nuit,

Avec l’encre de mon cerveau.

J’écris la nuit,

Dans mes rêves bourrés de mots.

 

J’écris la nuit,

Mon esprit ne cesse de bouillonner.

J’écris la nuit,

Fait voler les plumes dans mon oreiller.

 

J’écris la nuit,

Des suites vivantes pour mes histoires.

J’écris la nuit,

Dans un monde peuplé de cauchemars.

 

J’écris la nuit,

Virgule après mot, encore et encore.

J’écris la nuit,

Mais mes phrases au loin s’évaporent. 

 

J’écris la nuit,

Ivre d’effervescence lexicale, écrits d’émotions sans bruit.

J’écris dans ma sombre nuit,

Et rien de visible ne s’est produit.

 

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Langage de jeune : Un truc « de ouf »

couleurspantoneorangegrisvertbleu

smiley-fou

Langage de jeune : un truc « de ouf »

La vie, c’est d’la balle, elle rayonne « de fou »,

La balle, c’est du délire, elle t’emballe « de fou »,

Le délire, c’est le pied, il te crame « de fou »,

Le pied, c’est du bon, il te fait planer « de fou »,

Le bon, ça te botte, il te booste « de fou »,

La botte, c’est du génie, elle t’illumine « de fou »,

Le génie, c’est inné, il t’isole « de fou »,

L’inné, c’est pas l’acquis, il se vit « de fou »,

L’acquis, c’est du boulot, il te force « de fou »,

Le boulot, c’est la vie, il te bouffe « de fou »,

La vie, c’est un truc de… ouf…

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Les comptines de la mouette : A portée de mots

couleurspantoneorangegrisvertbleu

noms-des-notes-de-musique-2

A portée de mots

Ce soir, j’en ai plein le DO (aïe ! difficile la vie d’écrivain !),

Alors, je m’envole vers l’île de  (c’est facile, je sais…),

Y retrouver mon a-MI (pas mon amant, vilaines langues),

Pour refaire le monde sur son so-FA (y’a du boulot, croyez-moi…),

Après quelques verres de « Bourbon », tomber sur le SOL (à consommer avec modération tout de même, hein),

Pas d’chichi, pas d’tra-la-LA (même si vous et moi nous n’avons peut-être pas les mêmes valeurs),

Et nous retrouver le lendemain matin sur le tapis asSI (oh, la vilaine faute… d’orthographe),

Récitant en chœur notre Cre-DO (rédemption en cours, please do not disturb).

===============

Petite, je détestais les leçons de solfège, si SI (parce que vous aimiez ça, vous ?),

Aujourd’hui, je suis grande et voi-LA (le suspens est intenable, n’est-ce pas ? pour preuve, je n’ai plus d’accent grave),

Je rêve d’un entre-SOL (un grenier pourrait aussi faire l’affaire, avis à ceux qui auraient),

Pour jouer seule du violoncelle en clé de FA (des mélodies de sous-bois),

Là, je serai libre, tout me sera per-MI (« liberté, liberté chérie… »),

J’y jouerai aussi des heures, des nuits, avec mon clavier ado-(il sait, lui, que je l’aime et il me le rend bien),

Pour vous offrir, encore et toujours, la musique de mes mots. C’est ca-DO (ne me remerciez pas, j’aime ça).

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Les comptines de la mouette : Wrap-chat

couleurspantoneorangegrisvertbleu

wp-1472817802454.jpeg

Photo ©Lamouetterieuse

Wrap-chat

Prenez un drap, bien épais, bien chaud, en coton, en pilou tout doux. S’il sort du lave-linge, c’est encore meilleur. S’il est bien sec, c’est doublement moelleux.

Laissez-le en bouchon sur une surface plane. Vous aurez bien le temps de le ranger plus tard. D’autres corvées vous attendent.

Faites tout ce qui vous barbe, ménage, courses, rangement… jusqu’à l’épuisement.

Revenez à vos moutons… euh… à votre drap… euh… à votre chat.

… car votre chat s’est enroulé dans votre drap, à votre insu, au mépris de votre lessive, de votre repassage, de votre rangement.

Il s’est approprié votre bien, pour le sien le plus grand. A volé votre confort, là où lui tranquillement dort.

Vous pourriez l’assaisonner, d’une tape sur le bout du nez,

Vous pourriez plus encore l’enfermer, dans un tourbillon d’éto(u)ffe bien serré,

Vous pourriez décider de le manger, car c’est l’heure du goûter.

Mais un chat, c’est plein de poils, qui restent dans la gorge, et vous auriez un chat dans la gorge.

Un chat, c’est plein de cris, insultes à votre ouïe et vous en auriez le poil tout hérissé,

Un chat, c’est plein d’incertitudes, et vous serez obligé de donner votre langue au chat.

Alors, de guerre lasse, souffle coupé, chair de poule, langue inerte, vous le laissez profiter car vous savez qu’une fois encore, ce beau wrap, ce drap, vous aurez, de toutes les façons, obligation de le relaver.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Revers de manche

couleurspantoneorangegrisvertbleu

robe-avocat-option-boutons-recouverts-revers

Revers de manche

D’un revers de manche, il défend la veuve et l’orphelin devant la Cour. Effets de manche, justice enfin.

D’un revers de manche, il assène son smash sur la terre battue rosée. Effet blush, balle d’or.

D’un revers de manche, il essuie ses larmes d’enfant tombé. Effets salis, enfant puni.

D’un revers de manche, ils balaient le traité de paix « chairement » élaboré. Effet « -mère et paix », génocide.

D’un revers de manche, il évolue au ralenti sur les planches du nô. Effet « dramarionnette » lyrique au pays du soleil levant.

D’un revers de manche, il la gifle chaque jour. Effet macho en Marcel, plus bas que terre.

D’un revers de manche, il porte son estocade dans l’arène. Effet bœuf sanglant, dégoulinant.

D’un revers de manche, il trace des kanji sur le parchemin jauni. Effet d’obi-« Wan Kenobi », sagesse à l’encre de Chine.

D’un revers de manche, il la porte dans les airs sur la scène. Effet Lac des cygnes, plumes aériennes.

D’un revers de manche, elle effleure de sa plume le clavier. Effet des mots, émotion touchée, déjà envolée.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches, Les contes de la mouette : Le petit génie des mots

couleurspantoneorangegrisvertbleu

vélo rouge

Photo ©Christine Petitjean

Le petit génie des mots

Elle fut réveillée en début de nuit par le petit génie des mots qui venait lui grignoter le cerveau. Elle l’avait reconnu : il chevauchait comme toujours son petit vélo rouge, pédalant comme un fou entre les touches du clavier, zigzagant sur les trottoirs humides d’automne, traversant les allées sablonneuses d’un grand parc parisien, humant l’air iodé d’un petit sentier breton…

Il pédalait tellement vite qu’elle avait du mal le suivre : les mots s’enchaînaient en phrases qui lui plaisaient, lui arrachant des petits sourires à moitié endormis. Elle luttait pour ne pas se rendormir, espérant ses textes fascinants retenir. Dans le même temps, elle espérait secrètement pouvoir refermer les yeux sans tarder et finir cette nuit au plus vite, afin de restituer, le jour levé, tout ce qu’elle avait vu. De ce conflit intérieur, le petit génie se moquait éperdument. Il continuait son « petit bonhomme de chemin », maniant les phrases avec dextérité, trouvant les mots justes, les sonorités appropriées. Dans le silence de la chambre à l’obscurité épaisse, elle était éblouie, son cœur battait fort.

Fatiguée d’une lutte intérieure perdue d’avance, elle avait finit par perdre conscience et se réveilla trop tard le matin, le cerveau indécis, incapable de prononcer la moindre parole, une grimace au coin des lèvres. Le petit génie des mots avait laissé son vélo rouge contre l’écran endormi, avec une roue crevée qu’il n’avait pas pris la peine de réparer. Il avait dû filer se reposer d’une nuit littéraire qui l’avait épuisé. Elle se sentait désemparée, impuissante. Les mots qui l’avaient séduite dans son demi-sommeil, les phrases qui l’avaient charmée et qu’elle aurait tant voulu restituer, les idées qui l’avaient faite sourire, s’étaient en grande partie effacés. Il ne restait que quelques bribes tronquées, quelques pâles images, quelques bafouillis inaudibles. Tout était à rebâtir, laborieusement. Tout serait à ressaisir, il faudrait tout remettre en ordre, sans le sel de cette passion qui s’était évanouie au loin.

Elle regretta alors de ne pas avoir, dans son sommeil, osé enfourcher son grand vélo gris, celui qu’elle trimbalait depuis tant d’années, rouillé, cabossé, mais tant aimé. Elle aurait alors pu suivre, dans les dédales de sa mémoire, dans les circonvolutions de son cerveau, dans un cœur à cœur avec son amour des lettres, le petit génie des mots qui filait, espiègle diablotin dans le vent. Dans leur course littéraire, à chaque grincement de rayon, à chaque tour de roue, à chaque coup de guidon, ils auraient refait le monde pendant une seconde. Ils auraient donné souffle aux syllabes de la vie, le temps d’une courte nuit.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…