PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Les comptines de la mouette : Dans mon tiroir

 

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Dans mon tiroir

Dans mon tiroir, y’a du bazar,

Un rasoir… pour barbantes histoires,

De la gomme… arabique,

Un trombone… à coulisse,

Des plumes… d’oreiller,

Des pastilles… à sucer,

De l’encre… sympathique,

Une règle… et des principes,

Un carnet… de bal,

Un buvard… pour Rorschach,

Un as de cœur… charmeur,

Une agrafeuse… de tueur,

Des crayons… de couleur,

Des cahiers… d’écolier,

Du papier… à mâcher,

Un stylo… 3D,

De l’espoir… dé-goutté,

Des idées… à mixer,

Un trésor… à trouver.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches, Les contes de la mouette : Le petit génie des mots

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vélo rouge

Photo ©Christine Petitjean

Le petit génie des mots

Elle fut réveillée en début de nuit par le petit génie des mots qui venait lui grignoter le cerveau. Elle l’avait reconnu : il chevauchait comme toujours son petit vélo rouge, pédalant comme un fou entre les touches du clavier, zigzagant sur les trottoirs humides d’automne, traversant les allées sablonneuses d’un grand parc parisien, humant l’air iodé d’un petit sentier breton…

Il pédalait tellement vite qu’elle avait du mal le suivre : les mots s’enchaînaient en phrases qui lui plaisaient, lui arrachant des petits sourires à moitié endormis. Elle luttait pour ne pas se rendormir, espérant ses textes fascinants retenir. Dans le même temps, elle espérait secrètement pouvoir refermer les yeux sans tarder et finir cette nuit au plus vite, afin de restituer, le jour levé, tout ce qu’elle avait vu. De ce conflit intérieur, le petit génie se moquait éperdument. Il continuait son « petit bonhomme de chemin », maniant les phrases avec dextérité, trouvant les mots justes, les sonorités appropriées. Dans le silence de la chambre à l’obscurité épaisse, elle était éblouie, son cœur battait fort.

Fatiguée d’une lutte intérieure perdue d’avance, elle avait finit par perdre conscience et se réveilla trop tard le matin, le cerveau indécis, incapable de prononcer la moindre parole, une grimace au coin des lèvres. Le petit génie des mots avait laissé son vélo rouge contre l’écran endormi, avec une roue crevée qu’il n’avait pas pris la peine de réparer. Il avait dû filer se reposer d’une nuit littéraire qui l’avait épuisé. Elle se sentait désemparée, impuissante. Les mots qui l’avaient séduite dans son demi-sommeil, les phrases qui l’avaient charmée et qu’elle aurait tant voulu restituer, les idées qui l’avaient faite sourire, s’étaient en grande partie effacés. Il ne restait que quelques bribes tronquées, quelques pâles images, quelques bafouillis inaudibles. Tout était à rebâtir, laborieusement. Tout serait à ressaisir, il faudrait tout remettre en ordre, sans le sel de cette passion qui s’était évanouie au loin.

Elle regretta alors de ne pas avoir, dans son sommeil, osé enfourcher son grand vélo gris, celui qu’elle trimbalait depuis tant d’années, rouillé, cabossé, mais tant aimé. Elle aurait alors pu suivre, dans les dédales de sa mémoire, dans les circonvolutions de son cerveau, dans un cœur à cœur avec son amour des lettres, le petit génie des mots qui filait, espiègle diablotin dans le vent. Dans leur course littéraire, à chaque grincement de rayon, à chaque tour de roue, à chaque coup de guidon, ils auraient refait le monde pendant une seconde. Ils auraient donné souffle aux syllabes de la vie, le temps d’une courte nuit.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

Les comptines de la mouette : U-ne mouette sur-un-clavier…

 

mouette de face u=yeux allongés

U-ne mouette sur-un-clavier
Qui-pico-re des-idées.
Pi-co-ti, pi-co-ta,
Lève la tête
Et ou-blie ça !

« Et la moulinette chairera… »

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Prenez un cerveau fatigué mais pas trop ramollo, non juvénile mais pas encore sénile. En principe, vous ne devez pas rencontrer de pépins. Jetez bien les noyaux mais conservez les petits os éventuels. Ils vous seront précieux plus tard, lorsque les vôtres seront devenus trop vieux.

Passez-le à la moulinette à main. Purée ! Si vous sentez quelque résistance, c’est bon signe, signe de lobotomie inachevée.

Faites revenir à poil, dans un peu d’huile de coude, quelques idées amères mijotées aux petits oignons. Faites les bien suer. Vous pouvez rajouter un peu de jus de navet, mais sachez qu’il peut être difficile à trouver. 

N’oubliez pas d’ajouter une bonne pincée d’esprit (ingrédient rare de nos jours) et de poivre noir (ou de piment de Cayenne pour les nostalgiques).

Réintégrez la bouillie de cerveau dans votre poil et faites revenir pendant quelques heures, le temps que les esprits remontent à la surface et délivrent tous leurs sucs.

N’écoutez pas les ragoûts qui disent que la vengeance est un plat qui se mange froid ! Servez fumant !

N.B : en accompagnement de ce plat hors du commun, vous pouvez servir des nouilles, des andouilles ou un sot de glace.

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Tête à l’envers

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barbie rousse décoiffée

Tête à l’envers

Cheveux chiffons, mèches longues qui s’embrouillent, quenouille, la non-coiffure du matin qui annonce une journée difficile. Tempête sous un crâne…Tiens, le grand Hugo s’est glissé sous sa tignasse emmêlée : On n’empêche pas plus la pensée de revenir à une idée que la mer de revenir à un rivage. Pour le matelot, cela s’appelle la marée ; pour le coupable, cela s’appelle le remords. Dieu soulève l’âme comme l’océan. (Victor Hugo, « Une tempête sous un crâne », Les Misérables, 1ère partie, VII, 3).

C’est toujours mieux qu' »Une nuit sur le mont chauve », même si les notes de Modeste Moussorgski la réveilleraient, ou que « La cantatrice chauve ». Mais elle s’égare…

Elle entend souvent dire « Y’à des jours avec et des jours sans ». Qu’est-ce que ces paroles sibyllines ? Avec ou sans quoi ? Les jours s’écoulent et nous les façonnons comme nous pouvons. Façonner de l’eau, ce n’est guère aisé, me direz-vous…

Ce matin, sa tête est comme une passoire. Avoir les idées claires dans une tête comme une passoire ? Mais… mais… c’est une bonne douche ça, et chaude, encore ! De quoi bien commencer sa journée d’écriture finalement !

Avoir les idées claires comme de l’eau de roche, ce serait pas mal, tiens.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…