PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Tombe la neige

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Tombe la neige

Tombe la neige, petits flocons mignons. Seul le Ciel peut faire tomber ces nuées gelées, multitude de lettres penchées, si joliment calligraphiées, redessinant la ville incrédule. Tourbillons de blanc sans cesse renouvelés, assommant de leur silence la ville étonnée. Des milliards de milliards de fleurs hivernales, accablant sans répit la ville de froid saisie. Manne divine immaculée, beauté éphémère sur la ville bouche béé. Mouvement perpétuel du Ciel, geste gratuit, beauté mortelle, fouettant les joues des passants non habitués. Sur les trottoirs se dessinent des empreintes, talons-pointes, pointes-talons, pas-de-deux multiplié à l’envie, chorégraphie involontaire. Ballet sans balais, pas dupe.

Tombe la neige, gros flocons denses. Le ciel a le teint gris, inexpressif, sa joie enfuie au-delà des nuages. Les têtes des réverbères sont désormais couronnées d’un blanc chapeau. Calotte glacière, glaçante coiffure. Les voitures ont enfilé leur épais manteau, précieuse hermine, royale dignité, immobile fierté. Des écoliers tentent de faire des boules, pétanque de jeunots, c’est rigolo. Je n’ai pas envie de déflorer le trottoir comme d’autres; je voudrais laisser la ville pure et silencieuse, pour une fois. Demain matin, peut-être… Les voitures glissent sans bruit, fini de fanfaronner ! La ville est muette et froide, mouillée. Et moi, au chaud derrière mon écran, sous le halo jaune de mon lampadaire, je bavarde, je bavarde, je joue avec les mots comme le Créateur, insondable Gulliver, joue avec les flocons. Sauf que ce qu’il dit demeurera éternellement plus beau que les traces transies de mes pattes de mouche… euh… de mouette, sur l’ordinateur immobile.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Bébêtes pas si bêtes

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Photo ©Lamouetterieuse

Bébêtes pas si bêtes

Elles se sont échappées de ma rouge chevelure,

Araignées de science fiction, de la « Guerre des Mondes »,

Parties tranquilles se balader sur la couverture,

Monstres noirs, bêtes velues aux pattes immondes.

 

Elles avancent d’un pas, menaçantes et silencieuses,

Me toisent de leurs grands yeux qu’elles croient invisibles,

Défiant mon imagination ténébreuse,

Mais ma peur infantile m’apparaît si risible !!

 

Je ne crains plus les barrettes aux longues pinces,

Et les saisis par la tête comme de vulgaires dormeurs,

Parce que je voudrais bien me rendormir, mince !

Rêver, bébêtes dans mon cerveau, poux créateurs ! 

 

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Correction

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Photo ©Lamouetterieuse

Correction

Saleté de correcteur de smartphone, vas-tu arrêter de n’en faire qu’à ta tête ? C’est toi ou moi, le boss, ici ?? De quel droit t’infiltres-tu dans mes pensées ? C’est quoi cette manie de modifier mes phrases avec des mots inappropriés quand ils ne sont pas déplacés voire grossiers ? Des problèmes de libido, p’tit intello ? Des problèmes d’élocution p’tit con ? Tu vas finir dans la baignoire, mort d’électrocution, oui !! Une chance pour toi que je sois contre la guillotine, petite bi** ! (censuré)

Franchement, ma patience atteint régulièrement ses limites. Que tu remplaces systématiquement « le » par « me » et inversement, ou « je » par « jeu » n’a pas le même sens !! Que tu écrives « S8 » au lieu de « Si » est intenable ! Pourquoi pas « G8 » ou « GTA », pendant que tu y es ?

Honnêtement, tu mets mes nerfs à rude épreuve. Si je tape plus vite, tu me fais bégayer. Si je frappe une fois de trop, pour un « m » ou un « s », tu me traites de maso ! Une multitude de touches ne te donne pas pour autant « la » touche ! Nan mais !

En revanche, conjuguer les verbes, tu connais, ou pas du tout ? Il serait bien que tu apprennes tous les temps des verbes, car j’en ai marre d’entrer dans ton dico toutes leurs déclinaisons pour tous les groupes. Tu sais, même si ton intelligence brille par son absence, le monde ne parle pas seulement au « présent » comme toi. « Tu penses ceci, j’écris cela, tu fais n’importe quoi. » En mode monologue, quoi. En mode nombriliste, en réalité. Quel manque de maturité ! Tu vois, certaines actions ont eu lieu dans le passé, comme l’achat de ta petite personne pour mon service (oui, je sais, l’esclavage a été aboli, mais pas celui des maîtres par leurs smartphones, en réalité), se déroulent dans le présent comme ce que je tente de t’expliquer à l’instant, et arriveront dans un futur plus ou moins proche, comme lorsque tu finiras fracassé sur un mur ou jeté aux toilettes. Oups… Si seulement j’avais plus de patience, plus d’ab-négation, moins le sens du détail… Ah, mais… comme se serait bien, si tu comprenais le conditionnel !!  Si tu connaissais le poids des mots, y’aurait pas photo !

Sur mon ordinateur, pas de vilain correcteur. Il est gentil, lui au moins, il m’obéit au doigt et à l’œil. Les seules petites suggestions qu’il se permet de me faire, c’est précisément lorsque j’orthographie mal l’ « e-dans-l’o ». Il a des hauts-le-cœur et la larme à l’œil, un œuf n’est pas un bœuf ou il s’étrangle et ça passe mal dans son œsophage. Mais jamais, au grand jamais, il ne se permettrait de remplacer mes mots par ses propres maux, comme toi, l’petit morveux plus haut !

Je décide donc ici, devant témoins oculaires, que toi, petit correcteur de smartphone, prétentieux et mal élevé, arrogant et indécent, tu mérites enfin une bonne correction ! Allez, baisse ton pantalon, je n’ai pas que cela à faire, môa, zutalor !!

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : J’ai du ciel plein les mirettes…

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J’ai du ciel plein les mirettes…

J’ai du ciel plein les mirettes, des rêves entre les dents et des folies dans les cheveux. 

J’ai l’espoir d’être coquette, de faire sourire les enfants et de rendre les gens heureux.

J’ai du rire en goguette, un gros câlin qui t’attend et de l’amour au fond des yeux.

J’ai la patience d’une alouette, un don d’humour latent et la volonté d’un paresseux.

J’ai l’âme légère d’une mouette, faite pour un beau goéland et qui attend toujours mieux.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Je te tiens…

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Photo ©Lamouetterieuse

 

Je te tiens, tu me tiens, par la larmichette…

Le premier de nous qui rira,… aura une giflette !

 

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : HOU !

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Mes chers amis les doux hiboux,

C’est pas fini d’vous chercher des poux

Là-houx, partout, dessus, dessous ?

 

Feriez mieux, avant d’êtr’ gâteux,

D’couronner vos têtes de choux

D’émeraudes en bijoux.

 

J’en tomberais sur les genoux,

Ma grammaire en l’air dans le houx,

La caboche dans les roux cailloux.

Hou !!

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches: AUTO-PSY d’un drôle d’animal

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Un pauvre zèbre albinos

Auto-psy d’un drôle d’animal

Une fois n’est pas coutume, je reprends la plume électronique pour parler de l’animal qui sommeille en moi. Je sais, je sais, c’est très narcisso-narcissique… m’enfin, à défaut de ne pas vous faire de mal, ça me fait du bien de tremper à nouveau mes doigts, euh… mes pattes, dans l’encre de mon clavier. J’aime assez faire tache. Ce doit être mon côté décalé.

En janvier 2016, prise d’une irrésistible envie d’écrire et de partager les jets-non-retouchés de mes é-moi, je me suis volontiers imaginée comme une mouette rieuse, en réalité souvent malheureuse, grincheuse, « déprimeuse »… mais un oiseau sympa, libre, avec juste ce qu’il faut de sale caractère pour préserver sa candeur dans la marée humaine, pour se protéger dans l’adversité.

Puis, en octobre de la même année, saisie d’une envolée mystique incontrôlable, j’étais alors devenue aussi une MysticLady, laissant monter de mon cœur des prières, encens de mots emplis de sens filial envers Dieu. Je vois ici ou là le regard méfiant de certains dans l’assistance, soulevant une fesse pour fuir illico, au cas où une autre métamorphose délirante devait s’emparer de ma personne. C’est vrai quoi, y’a tant de malades dans ce monde, tant de « schizo », qu’il ne faudrait pas prendre le risque d’être contaminé !

Récemment, au hasard de mes pérégrinations sur la toile, j’ai découvert que, très probablement, pour ne pas oser dire « certainement », un autre animal se tapissait au fond de mon âme : un zèbre* ! Quel bouleversement ce fut alors ! Etant sur un chaotique chemin de guérison intérieure suite à de nombreuses années de malheur, de mal-être, de mal de moi, cette révélation tombait comme un poil noir sur une nappe blanche, un grain de sel dans la poche d’une veste déchirée, un grain de sable dans une machine cognitive endormie, hypnotisée pour mieux être manipulée.

Désormais, je commence à relire ma vie passée à travers le prisme des rayures de cet animal fascinant; effet stroboscopique garanti, kaléidoscope infini de nuances de gris, éclairs fulgurants et noirs angoissants. C’est curieux, car j’ai toujours aimé les zèbres, ces équidés qui, de loin, se détachant sur l’horizon de la savane, semblent similaires, mais dont chacun arbore en réalité un habit aux rayures différentes, innombrables et mystérieuses, profondes cicatrices infligées par leurs prédateurs, uniques telles des empreintes digitales. Certains ici feront les malins, arguant que c’est le propre de la nature humaine que chaque individu ait des rayures uniques. Certes, et heureusement, nous ne sommes pas encore des clones (quoi que…., et des clowns, si, souvent…) mais la différence réside dans ce que le zèbre, au-delà de sa livrée, possède un mode cognitif différent des autres. Il est hyper-sensible, extra-lucide et ultra-créatif. Me vient alors une idée saugrenue : que se passerait-il si l’on faisait tourner un zèbre sur un axe central ? Vous me direz qu’il faudrait déjà l’attraper, et vous auriez grandement raison. Mais j’ai peine (et de la peine !) à l’imaginer : je crains bien qu’une fois captif sa robe ne prenne une couleur grisâtre, terne uniforme de la pensée unique, du conformisme béat, de l’obéissance aveugle, nausée. Ah non ! Ça, jamais ! Permettez-moi de ruer dans les brancards ! Et tant pis pour les blessés ! On ne fera jamais tourner en rond un zèbre ! Non mais !

Cependant, force m’est de constater, avec une tristesse difficile à dépeindre ici, et ce d’autant que je suis personnellement touchée, que l’on peut être zèbre et ne plus avoir de rayures. Il existe bien des tigres blancs impressionnants, des Russes blancs élégants (j’ai la chance d’en compter parmi mes chers amis), mais un zèbre albinos, c’est franchement craignos. Et pourtant… lorsque l’on est zèbre et que l’on est enfermé de l’intérieur, les rayures sont dedans, autour de la cage thoracique. C’est très douloureux : on est moche, pas du tout mouton, pas vraiment zèbre, mal dans ses sabots. On a beau savoir qu’on est gentil, empathique, créatif, visionnaire… rien n’y fait. C’est la déprime dans la dépression, la descente aux en-fers de l’émotion, la paralysie de la vie. Ça fait mal. Z’auriez pas un mouchoir, svp ? Mon mascara coule lamentablement, en traînées noires sur ma joue, grimage-grimace, camouflage zébré, tiens…

Finalement, comme je suis aussi, derrière mes cernes noirs, un panda (« Pandamour » est le gentil surnom que m’ont jadis donné mes filles), et un scorpion (en astrologie), en bonne bête, j’essaie de me consoler : le combo « mouette rieuse-MysticLady-zèbre-panda-scorpion, ça ne court pas les rues. Et heureusement, parce qu’on ne s’entendrait plus causer et les psy ne sauraient plus où donner de la feuille ! Sauvons la planète, merdre ! Ah ! Qu’est-ce-que j’cavale !!

* https://www.youtube.com/watch?v=hyl14_d1uuA

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