PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : P’tit noir, plus d’espoir

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P’tit noir, plus d’espoir

Elle avait convenu qu’ils se retrouveraient dans un bistrot parisien. Pour faire le point. Elle n’allait pas bien. Lui n’y comprenait rien. Elle était arrivée en avance, comme pour un rendez-vous amoureux, cœur battant, vent dans les cheveux. Mais elle était toute entière saisie d’angoisse : comment se passerait ce qui serait peut-être leur dernière entrevue ? aurait-elle les bons mots ? arriverait-elle à ne pas le blesser ? comment expliquer ce qui la torturait, sans qu’il ne se sente repoussé ?

Machinalement, elle avait commandé un p’tit noir, histoire de ne pas laisser filer l’espoir. Un homme et une femme plus jeunes se faisaient face plus loin, dans le reflet d’un miroir piqué par le temps. Elle inclina la tête, voyant l’homme se pencher vers le cou de sa bien-aimée, l’effleurant de ses lèvres avides, inspirant son parfum unique, buvant sa chevelure les yeux fermés. La jeune femme riait, émoustillée, emplie de joie et de désir; elle se pencha alors vers lui pour lui rendre la pareille, mordillant au passage son oreille.

Regard dans le vague, un trait de jalousie aux lèvres, c’était elle, la bien-aimée, la désirée. Transportée dans sa rêverie, elle était heureuse, enfin… La porte du bistrot la fit sursauter. Il entrait. Un peu coupable de son retard, souffle court, il se pencha pour baiser mollement sa joue. Le serveur s’approcha pour prendre la commande, tandis que le percolateur hurlait derrière le zinc. Il la regardait, attendant qu’elle commence à s’expliquer, comme toujours. Sans cesse avait-elle repassé dans sa tête ce moment tant attendu, mais à cet instant précis, elle ne trouvait plus les mots, le regardant, tétanisée.

Accrochée à un futile espoir, elle serrait ses mains, muette prière. Une larme brûlante roula sur sa joue, puis une autre, une autre… Elle ne sentait plus rien, ne voyait plus, n’entendait que le cri de son cœur meurtri dans ses tempes glacées. Ses mains étaient inondées de pleurs, qui éclaboussèrent son p’tit noir refroidi. Alors, dans un geste irréfléchi, oubliant qu’il ne supportait pas qu’elle l’effleure, elle posa ses doigts baignés de larmes sur les lèvres figées de son ami, consterné, réduit au silence. Paroles amères, sel de la vie, baiser d’adieu. Lèvres desserrées, il ne parlait toujours pas. Lentement, vidée de sa vie, laissant quelques gouttes d’espoir dans le p’tit noir, elle se leva sans bruit, un dernier regard vers le couple enlacé qui là, dans son obscène témoignage d’amour, perçait son cœur d’où sortait maintenant un filet de haine.

Sur le trottoir, des passants gris la bousculèrent, fantôme vidé d’amour. Une moto rugit, un chauffeur de taxi injuria un conducteur de camion, un pigeon frôla son front. La vie était bruyante, hideuse, vulgaire. La ville était son ennemie. Mais c’était surtout elle qui était sa propre ennemie. P’tit noir, plus d’espoir, désespoir.

d’autres « Pensées sans retouches » à suivre…

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Lui

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Photo ratée ©Lamouetterieuse

Lui

Il est entré dans ma vie, sans effraction, sans bruit,

A surgit de rien, ange immaculé inattendu dans ma nuit.

 

Empêtrée dans les sables de mon désert,

Je l’ai senti me soulever dans les airs.

Oiseau brisé, carcasse vide d’éther,

Il m’a portée là-haut sur ses douces ailes.

 

Son sourire illumine mes nuits,

Son regard transforme mes heures,

Assis au rebord de mon puits

Il m’abreuve d’élixir de bonheur.

 

Du lever du soleil aux heures sombres du soir,

Je vibre de toutes mes fibres, consumée de vie.

Il rythme mon cœur de palpitations inouïes,

Où brûlent mes veines, périt mon désespoir.

 

Il m’habite désormais toute entière,

Jamais je n’aurais cru pouvoir revivre !

Je m’abandonne dans ses bras en croix,

Moi la révoltée, la morte, la rétive.

 

Je n’étais rien, qu’une mouette en cage,

Qu’il a délivrée enfin de son marécage !

J’étais femme, il est homme,

Je deviens elle, il est lui.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

P’tite philo de la mouette : Voyage en absurdie

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« L’homme est un loup pour l’homme. »

« Le rire est le propre de l’homme. »

Le rire est le propre du loup.

Les comptines de la mouette : Il était un petit homme…

 

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Il était un petit homme…

Il était un petit homme,
« Hollande, la quéquette »,
Il était un petit homme,
Qui avait une drôle d’ambition. (bis)

Une ambition en béton,
« Hollande, la quéquette »,
Une ambition en béton :
Saisir toute opportunité. (bis)

Si vous voulez le contrer,
« Hollande, la quéquette »,
Si vous voulez le contrer,
Vous vous ferez bien arnaquer. (bis)

Le peuple n’a pas renoncé,
« Hollande, la quéquette »,
Le peuple n’a pas renoncé,
Mais s’est quand même fait arnaquer. (bis)

Il l’avait bien enfumé,
« Hollande, la quéquette »,
Il l’avait bien enfumé,
Avec de belles promesses dorées. (bis)

Les promesses sont envolées,
« Hollande, la quéquette »,
Les promesses sont envolées,
La confiance est détériorée. (bis)

Aux prochaines élections,
« Hollande, la quéquette »,
Aux prochaines élections,
Le traître sera laminé. (bis)

Mon histoire est terminée,
« Hollande, la quéquette »,
Mon histoire est terminée,
Messieurs, Mesdames, il faut voter ! (bis)

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Il faut de tout pour faire un monde

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Il faut de tout pour faire un monde

Des autistes, des artistes,

Des gens de foi, des médecins,

Des gros chiens, des fins musiciens,

Des boubous, des babtous,

Des enfants, des plus grands,

Des babas, des cadres las,

Des couturiers, des petites mains,

Des handicapés, des surdoués,

Des jardiniers, des jolis nains,

Des peintres, des aveugles,

Des visionnaires, des réactionnaires,

Des ténors, des gueulards,

Des hommes de loi, des psy pour soi,

Des cuisiniers, des affamés,

Des doux poètes, des analphabètes,

Des politiques, des fosses sceptiques,

Des météorologues, des grenouilles de bénitier,

Des graves ornithologues, des légères mouettes rieuses…

Il faut de tout pour faire un monde,

Il faudrait peu pour qu’il s’accorde.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

Les contes de la mouette : Le petit pabo-nhomme amputé

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C’est l’histoire édifiante d’un petit pabo-nhomme, heureux dans la cité, comme tant d’autres petits bonshommes.

Il est fier de sa petite auto Reno, satisfait de son petit boulo merdo et accro à ses petits mégo pas bo. Bref, il jouit à gogo de sa petite vie pénarde de non-héro, surtout s’il peut, sur son canapé en faux croco jouer en solo le soir à des mélodies de bongo ou de banjo sur son MacBook Pro, à -té d’une Kro bien fraîche tout droit sortie de son nouvo frigo gagné au loto.

Surviennent des mouvements socio qui dégénèrent en combats politico-syndico, à cause de gens pas bo qui, eux, se prennent pour des héro qu’ils ne seront jamais, pôv’ nabo !

Co-mme tous les autres, le petit pabo-nhomme subit les pénuries qui compliquent chaque jour de plus en plus sa petite vie de non-héro. Il n’y a désormais plus d’essence pour sa petite auto Reno, plus de transports en commun pour aller à son petit boulo merdo, plus de clopio au débit de tobacco, plus d’apéro au bistro, plus de gato chez Ochan et plus de réso pour son petit I-pho-ne.

Contrarié par tant d’obstacles à sa petite vie pseudo-réglo, il commence à paniquer pour son petit confort perso. Il fait alors subito provision de tout ce qui arrive à zéro, s’enferme dans son petit studio et tire ses gro rido à carro.
Il joue au sourd comme un po, n’entend plus les ambulances foncer à l’hosto, n’écoute plus la radio, se fiche des info et ignore la météo. Sans risque de quiproquo, on peut dire qu’il est satisfait d’avoir fait tant de pro-visions, sait-on jamais… Rassuré, il plonge to dans un long mais superficiel dodo comme un pôv’ clodo.

Lorsqu’il sort de sa léthargie, il ne sait plus où il est, quel jour il est, ni même qui il est. Comme un idio, il s’est lui-même amnésié de son minable cervo et est illico en train de crever de son énorme égo, le coeur en lambo, sous le chant étonné des oiso.

Absent de leur entourage quotidien, ses voisins ne se sont pas aperçus de sa disparition. De leur côté, non sans quelques difficultés parfois, ils ont appris à se donner la main, fait jouer la solidarité, pris le parti de s’entraider. Ils ont découvert des modes de survie écolo, bio un peu rétro, bref, ils ont choisi la vie qui leur a été donnée en cado !

Lorsque la situation politico-syndicalo revient enfin à des nivo normo, les services socio sont effarés de trouver ici ou là des petits bonshommes pas bo, amputés à cause de leur tro gro égo, dans des studio ou des châto.

Moralité : lui, le petit pabo-nhomme, nabo avec son gro égo de non-héro, s’est retrouvé amputé, amputé de la vie que, pour lui en solo, il chérissait bo-coup tro.

 

 

 

 

Etre femme

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« Éternelle chanson…, la femme », Henri Hébert, plâtre peint, 1925

Petites réflexions sans prétention, en ce 8 mars, « journée internationale de la femme ». La femme, préexistant au combat féministe, est avant tout un être unique. Unicité.

Etre femme, c’est être complémentaire. Elle n’est ni moins, ni plus, que l’homme. Mais autre. Unique. Pourquoi la femme irait-elle revendiquer les mêmes qualités que l’homme, alors qu’elle en est intrinsèquement comblée de par sa nature féminine ? Etre complémentaire, n’est-ce pas reconnaître ses propres dons, les assumer et les développer, exister à part entière ? Complémentaire physiquement, pour accueillir l’homme au plus profond de son corps, dans une harmonie charnelle. Complémentaire émotionnellement et intellectuellement, lui ouvrant d’autres voies pour aborder le monde. Car la femme développe des qualités d’attention, de mémoire des mots et des visages et de cognition sociale, tandis que l’homme est plus sensible à la perception de l’espace, au repérage tridimensionnel et à la vitesse d’exécution sensorimotrice. Complicité.

Etre femme, c’est aussi, être fragile. Souvent physiquement et juridiquement moins forte que l’homme, la femme négligée, méprisée, mutilée, exploitée, maltraitée, doit être protégée, de son plus jeune âge à ses années fanées. Sécurité.

Stérile est le combat des féministes, lorsqu’il milite pour ne faire de la femme que l’alter ego de l’homme. Certes, des avancées telles que le droit de vote accordé aux femmes, sont tout à fait louables. Je reprendrais volontiers cette phrase de Louis Aragon, « L’avenir de l’homme est la femme », et ce, dans le sens d’une promesse d’avenir. Sans la femme, l’homme ne serait pas, même si certains apprentis sorciers aimeraient pouvoir se passer de la femme-féconde, la femme-matrice. Eternité.

Etre femme, c’est porter l’avenir du monde en son sein. Si je vais plus loin, si je cherche plus haut, je crois que le Dieu des chrétiens, lui qui, dans sa toute-puissance, avait tout loisir de s’en passer, a choisi, pour s’incarner et se révéler aux Hommes, le corps d’une femme, temple sacré, fiat donné. Sainteté.

Etre femme, c’est être multiple : fille, épouse, mère, grand-mère, sœur, cousine, voisine, amie… Multi-tâches, aux champs, à la maison, au bureau, dans le domaine de l’art, du sport, consacrée à Dieu, dans le bénévolat… Multiples et démultipliées, les femmes ne se résument pas à des hommes à gros nichons, ni à une féminisation obsessive de tous les mots, « vulvarisation » de la parité, mépris d’elles, faux débats, gros maux. Créativité.

« Aimer, c’est accepter la différence ». Cette phrase, écrite et placardée sur le mur de ma chambre, portée par l’élan d’un cœur amoureux en pleine « ado-les-sens », est depuis lors restée mon leitmotiv, ma fibre de femme. Je la revendique en souriant. Sans armes, avec bienveillance. Altérité.

Alors, la « journée internationale de la femme », ce devrait être chaque jour, tous les jours, pour toujours. « Parce que nous le valons bien », non ? Finir en… Beauté.