PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Il fait froid

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Photo ©Lamouetterieuse

Il fait froid

Il fait froid dans ma maison.

Même fenêtres ouvertes, ne rentre pas la chaleur.

Il fait froid dans mon cœur.

Même bras ouverts, ne rentre pas l’amour.

Il fait froid dans ma vie vidée de passion.

Même avec la chaleur, même avec l’amour, même les bras ouverts, je me meurs.

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Belle au bois dormant

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Château de l’Enclos, Brûlon, Sarthe

Photo ©Lamouetterieuse

Belle au bois dormant

  • Elle attendait son Prince charmant depuis si longtemps,
  • Fragile beauté nimbée dans les bras de Morphée.
  • Il arriva, une nuit d’hiver, sur son beau cheval blanc,
  • Sans bruit, avec l’élégance des gens de bonne extraction,
  • L’enveloppa d’un long baiser givré, de ses lèvres bleutées.
  • Elle se laissa posséder, s’abandonnant à son étreinte glacée,
  • Amante consentante, douce endormie dans le froid persistant.
  • Enlacés dans le silence complice de la nature alentours,
  • Ils se contemplaient sans mot, s’effleurant sous la caresse du vent.
  • Le corbeau sur le cime du séquoia les jalousait de son oeil mauvais,
  • Agaçant oiseau de malheur en moire livrée,
  • Triste sire, noir célibataire que personne ne venait consoler.
  • L’étreinte des amants dura trois jours et trois nuits,
  • Scellant leur amour pour l’éternité dans le givre immaculé.
  • Mais de tièdes larmes vinrent briser leur union,
  • Dans la crainte de leur inévitable séparation.
  • Le bois délaissé se répandit en douloureux torrents gris glacés 
  • Qui se perdirent dans les entrailles du sol, tombeaux affamés.
  • Ses longs bras craquèrent de douleur,
  • Ses feuilles se racornirent dans un souffle de peur.
  • La belle referma ses végétales paupières, ses cils épouvantés,
  • Replongea dans le silence de la nuit indifférente,
  • Cœur serré d’avoir vu s’évanouir à jamais son bel amant immaculé.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Ecran noir

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Ecran noir

Placardé sur le mur blafard d’une chambre d’hôpital,

Trophée bêtement exhibé d’une société lobotomisée,

Tu restes impassible dans ton rectangle imbécile,

Regard inexpressif d’une face qui jamais ne sourcille.

 

Tu ne m’envoies que des platitudes, reflets de ta servitude,

Des idées hors cadre d’une affligeante banalité,

Des projets avortés de n’avoir pu voir le jour,

Dans le silence accusateur de mes secrètes peurs. 

 

J’ai beau tenter de détourner le regard,

Tu rappelles mes pupilles à ton noir miroir,

Mais tu me laisses sans réponse, torturée d’incertitudes,

Et ton âme de verre et de métal me laisse glacée,

Tandis que pour les visiteurs le beau tu fais.

 

Jamais je ne connaîtrai tes sombres secrets,

Ne décrypterai l’encre mate et immobile 

De ton écran amorphe dont seul le voyant vacille,

Fausse lueur rosée d’un espoir inutile,

Appel imperceptible à la déchirure de ton silence,

Pour rompre le mien, tombeau de mes idées noires.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Monde horizontal

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Monde horizontal

Elle s’allonge sur le brancard, destination bloc opératoire. Ses jambes ne sent plus, ses bras ballants non plus. Trimbalée telle un bébé, sans aucune volonté, elle gît, consciente mais totalement impuissante. Vision directe vers le haut, réduite sur les côtés, moins de 180 degrés d’acuité, handicap de bête à oeillères. D’interminables couloirs, étroits, blancs, blafards, traversés avec art, doubles virages contrôlés. Raclement de roue qui couine, dents qui grincent, dérapages contrôlés. Les plafonds défilent, défilent… imperturbables, infinité de plaques ajustées, trop bien assemblées, univers sécurisé. Les doubles portes devant elle s’ouvrent comme par magie, pilote sans volant, demi-tour ajusté, perte de sens, désorientée. Autres lits-roulants rencontrés, sourires échangés entre brancardiers, histoires de pause et de cafés serrés. Curieuses fourmis black en blouses blanches ! Surgit l’ascenseur gris-froid acier, monte-charge pour viande assistée. Ralenti, puis arrêt, brutal, fin de la course, suffit de rigoler ! Froid chirurgical, incertitude, anonymat de l’hôpital.

Docteur, vous êtes servi ! Madame la Mouette est arrivée, sur un plateau-repas aseptisé !

d’autres « Pensées sans retouches » à suivre…