PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Teddy bear

couleurspantoneorangegrisvertbleu

wp-1474667677588.jpeg

Teddy bear

Perdu mon ours en p’luche

Quand je suis dev’nue femme,

Fière de n’plus être nunuche

Quitte à perdre mon âme.

 

Je regarde les bout’choux

Te serrer sur leur cœur,

Je vois leur regard doux

Débordant de bonheur.

 

Je n’ai plus ta p’tite patte 

Ta caresse de douceur,

Que ma main sur le vide

Qui s’ouvre en douleur.

 

Alors je te mange cru,

En gélifié, guimauve, 

Et te porte à mon cou,

Acrylique du pauvre.

 

Je brode tes contours

Au petit point de croix,

Et je compte les jours

Qui m’éloignent de toi.

 

Tu m’écoutais pleurer,

Épanchant mes sanglots,

Quand on m’avait grondée,

Que je n’avais plus d’mot.

 

Je suis grande et n’ai plus

Mon nounours adoré,

Motus et bouche cousue,

Même plus l’droit de pleurer.

 

Je lève les yeux au ciel,

Asséchés d’tout espoir,

Fugitif, éternel,

Teddy bear, au revoir…

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Petit poisson deviendra grand

couleurs+pantone+orange+gris+vert+bleu

costume poisson

Petit poisson deviendra grand

Il se tient debout, au bord de la piscine. Petite crevette rose gringalette. Ses jambes toutes frêles grelottent, bras ballants inutiles écartelés par les bouées à l’effigie de Nemo, son préféré, poisson-clown d’orange rayé vêtu. Sous son bonnet de latex qui marque son front, il gobe les nageurs de ses yeux écarquillés, bouche entrouverte. Des « oh » sortent de ses lèvres muettes, en autant de bulles admiratives.

« Ploc, ploc,… », des pieds de géant s’approchent dans une flaque d’eau, lui éclaboussent la cuisse, puis une grande main chaleureuse saisit la sienne. « Papa, tu es là ! » Père et fils descendent prudemment dans le petit bain. L’eau est chaude, plus douce que dans le bain de Maman, alors que quelques frissons de joie le transpercent. Première baignade ! Il avait rêvé si souvent en s’endormant de cet instant où son corps rencontrerait enfin l’élément aquatique ! Mais il ne savait pas réellement ce qu’il allait ressentir. Des milliers de gouttes lui caressent les jambes, ses pieds sautillent sur le carrelage bleu des mers du Sud. Il tient fort la main de Papa, le cœur battant la chamade. Attiré par les cris des autres enfants qui s’éclaboussent en riant, il se sent un peu étranger au bonheur ambiant.

Pourtant, il vit, il revit, retrouve en fait son univers, le bonheur est bien là. Il y a deux ans maintenant, il quittait à regret le ventre de Maman, cocon d’eau, océan de tendresse, îlot de douceur… Enhardi, il laisse glisser ses petits doigts de ceux de Papa. Son corps se meut en silence, il fend l’eau, petite pirogue. « Maman, les p’tits bateaux, qui vont sur l’eau, ont-ils des jambes ?… » Il ne voit plus les grandes personnes qui nagent lentement avec sérieux, il oublie les petits enfants qui se chahutent en rigolant, il ne voit pas Papa qui le regarde, avec une fierté mêlée d’inquiétude. 

Car aujourd’hui, comme hier, il est un petit poisson, un petit poisson qui deviendra grand.

d’autres « Pensées sans retouches » à suivre…

Monologue de l’utérus

 

foetusIl tient le cordon dans la paume de ses minuscules mains. Pas paumé pour autant, il sait bien où il est, s’accroche à la vie, scaphandrier des « mère » relié à l’oxygène « vie-tal » par son long tuyau, petit spationaute en apesanteur dans le ventre rond de la lune. « Fœtus » de paille ? Non, futur d’homme, petit futé, qui en comprend bien plus qu’il ne peut en dire.

Maman, sais-tu que je t’entends ? J’entends ton cœur faire battre le mien, ton souffle au-dessus de ma tête, ta douce voix amplifiée par les eaux qui répond en écho à mon silence involontaire. J’ai déjà appris à devenir un virtuose des pieds et des mains ! Muet, je danse en cadence avec toi, pas de deux que-pour-nous-seuls, à Petipa, sur la musique unique de ton corps. Tu me balances en te baladant, tu me donnes le hoquet en sursautant, tu me calmes en me caressant. Lilliputien, petite puce en devenir, petit poisson dans sa matrice aqueuse, je suis ton futur empêcheur de tourner en rond ! Je t’aime et je sais que tu m’aimes aussi, même si parfois tu ne le devines pas, pas encore. Je suis si bien, au chaud, lové au creux de ton amour !

Maman, comme j’ai hâte de te voir un jour, de contempler ton visage si longtemps imaginé, de sentir la douceur de ta peau qui me manquait ! J’ai hâte de laisser couler entre mes lèvres ton chaud nectar immaculé, mes petits doigts enfoncés avec avidité dans ton giron nourricier ! J’ai hâte de perdre mes yeux dans les tiens, dans un cœur-à-âme qui ne s’arrête jamais ! Alors, pour toi, je me fais beau, je me pomponne avant que tu ne me pouponnes, je prends des forces pour être ce petit bonhomme qui te rendra fière. Pour toi, rien que pour toi.

Maman, merci pour ton amour, merci pour la vie.

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : L’enfant, le père, la mère

image
L’enfant, le père, la mère

Le bonheur se trouve souvent dans de petites touches de vie, qui semblent ordinaires, respirent le cliché, et qui, pourtant, sont sève qui nous nourrit et nous élève.

image
Il marche entre eux deux. Ses petits pieds trottinent avec peine, eux font de grandes enjambées calmes.

Il lève son regard vers son père, chevalier géant en armure invincible. Lui n’a jamais peur de rien, lui sait tout faire, oui, tout ! Un jour, il sera fort comme lui !
Puis il cherche le regard de sa mère, son doux regard ensoleillé et taquin. Il aimerait tant, à ce moment, se lover dans ses bras, caresser sa douce joue, respirer son unique parfum !

Fixant le chemin, il ne les voit pas, ne sait pas mettre de mots sur cela, mais dans ses petites mains d’enfant, il sent que son père et sa mère échangent à ce moment précis un regard complice. 

Tant attendu, et tant redouté, vient l’enlèvement dans les airs, il s’envole en hurlant de joie ! Il est aussi grand que papa et maman ! Frayeur d’un instant, jubilation trop brève !

Cliché de vie ordinaire, cliché ordinaire de vie, intense. Mots inutiles, cœurs palpitants, effusion, trois en un. Rien à  soustraire, rien à ajouter.

d’autres « Pensées sans retouches » à suivre…