PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Larmes

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Photo ©Lamouetterieuse

LARMES

Larmes d’âme

Se pâme une Dame

Ancrées profond

Gouttes d’encre

Jets en l’air

Sang mortifère

Sombre parterre

Points sur la toile

Broderie sans titre

Rire à aiguiller

Sens aiguisé

Pire éclaboussé

Gueule déformée

Boue infâme

Âme en larmes.

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Encre du clavier en perfusion

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Photo ©Lamouetterieuse

Encre du clavier en perfusion

Anémie de mots trop prolongée,

Nullité de la pensée, neurones glacés,

Gorge serrée, de sentiments étouffée,

Oubli de la calligraphie, doigts raidis,

Inspiration faible, souffle coupé,

Sur-alimentation d’émotions,

Sous-alimentation d’expression,

Encre du clavier en perfusion, seule médication, à consommer sans modération.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

Les contes de la mouette : La sorcière du clavier

 

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Photo ©La mouette rieuse

Elle brouille mes pistes d’intuitions de ses messages subliminaux.

Elle m’attire dans son antre, tapi au plus profond des bois austères.

Elle lie mes mains inertes au poteau du supplice.

Elle scelle mes lèvres de son doigt nauséabond.

Elle fait trembler mon coeur sur les rythmes sombres de ses tambours.

Elle plonge son regard charbonneux dans mes yeux trempés de peur.

Elle m’embrouille les sentiments de ses tirades sibyllines.

Elle me tourne la tête de ses gestes mélangés, magicienne aux funestes visées.

Elle m’oblige à boire au calice de l’encre amère et de la terre, jusqu’à la nausée.

Enfin, elle me recrache, pantin épuisé, sur la mousse verdâtre, dans la froide clarté d’une lune argentée.

Allongée bras en croix, j’aperçois une chouette immaculée prendre son envol depuis la plus haute cime, fondre sur la sorcière, lui crever les yeux et la laisser inanimée.

Souffle coupé, je vois un flot d’encre épaisse couler de ses orbites effarés et glisser vers les touches grises en larmes sirupeuses.

Un cri strident m’arrache les oreilles, un filet d’air se faufile entre les battants de la fenêtre, lèvres entrouvertes, baiser de vie.

La lampe du bureau ranime mes doigts engourdis de son tiède halo pâle.

Pas même brûlée, la sorcière s’est noyée dans la tasse de café froid, laissant sur la cuillère un rictus amer et sur la soucoupe un cheveux cuivre en guise de signature.

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Tout donner

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Tout donner

Tout donner,

Plume coincée,

Encre asséchée,

Esprit vidé,

Tout donné,

Cœur crispé,

Lèvres pincées,

Sang coulé,

Cil levé,

Larme tombée,

Tout donner.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Angoisse de la page blanche

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Photo ©Lamouetterieuse

Angoisse de la page blanche

Tout être qui se lance dans l’écriture peut être confronté, à un moment ou à un autre -et parfois à plusieurs reprises- à une panne d’inspiration. Lorsque l’encre du clavier s’est asséchée, lorsque celle de l’encrier s’est figée, lorsque la main sur le papier ne peut plus avancer, grande est alors la frustration de l’écrivain, qui se sent inutile, bon à jeter aux orties.

Car écrire, c’est délivrer un peu de soi pour le partager aux autres. Ecrire, c’est faire rire, c’est tirer des larmes, c’est susciter des remises en questions. Ecrire, c’est exprimer que l’on est bien vivant et reconnaître dans le regard de ses lecteurs qu’ils le sont aussi. Ecrire, c’est faire passer un fluide invisible de deux mains à deux yeux, d’un cœur à un autre, muettes paroles de vie. L’encre, c’est le sang de l’écrivain qui palpite dans ses veines, qui fait bondir son cœur.

Mais parfois, si les maux persistent, les mots font défaut. Eux qui avaient été mis à l’honneur au long des pages précédentes sont devenus d’ignobles traîtres. Ils s’éclipsent, se débinent, et, de leur cachette imaginaire, se moquent de l’écrivain désemparé. De l’autre côté de la page vide, le lecteur n’en n’a cure, il ignore ces métaphysiques tortures, voire trépigne d’avoir à nouveau quelques lignes à lire, plongeant l’écrivain dans de plus sombres abîmes de culpabilité.

C’est alors que la page blanche, vide de caractères, plate et morne, apparaît, paradoxalement, comme une page pleine de sens, gonflée de vie. L’absence des mots ne faisait que souligner le trop-plein d’émotions de l’écrivain, juste temporairement désactivées du fait de leur intensité. La source était redevenue souterraine, elle n’attendait que le moment propice pour jaillir plus fort encore, pour éclabousser le lecteur de sentiments toujours plus prenants.

Lorsque son sang ne sera plus figé, lorsque la vie recommencera à couler, celui qui aime jouer avec les mots, pourra à nouveau transformer ses maux et faire couler l’encre… sur l’angoisse de la page blanche.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

 

 

« Tabou-âge effet-mère »

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Elle avait souhaité se faire imprimer un tatouage éphémère.

Sans grande originalité, elle l’avait imaginé à son petit poignet.

Femme par essence, elle avait tout d’abord pensé à une rose veloutée. Mais c’était sans compter ses épines qui eussent percé sa chair délicate !

Légère, elle avait pensé à un papillon exotique. Mais ses couleurs à sa garde-robe n’eussent pas toujours été assorties !

Du signe du scorpion, elle avait pensé à l’austère insecte du désert. Mais elle n’eût pas supporté son destin funeste !

Amoureuse de l’Asie mystérieuse, elle avait pensé au symbole du Yin et du Yang. Mais c’eût été bien trop simple !

Bretonne dans l’âme, elle avait pensé à un triskel. Mais comme le symbole précédent, c’eût été bien trop évident !

Passionnée d’oiseaux, elle avait pensé à une mouette rieuse. Mais l’entendre râler à chaque levée de poignet ne l’eût guère fait sourire !

Pratiquante à ses heures perdues, elle avait pensé à un beau cœur sacré de Jésus. Mais c’était dans son propre cœur qu’elle voulait garder son Seigneur !

Symbole de bonnes nouvelles, elle avait pensé à l’hirondelle. Mais ne faisant pas toujours le printemps, cet oiseau n’était au fond qu’un menteur !

De guerre lasse, elle réalisa que, ce qu’elle espérait être un simple tatouage éphémère, n’eût finalement été qu’un vulgaire « tabou-âge effet-mère ».

Du coup, elle prit sa plume d’oie, la trempa avec soin dans l’encre noire de son clavier et commença, sur son poignet offert, à écrire en belles lettres anglaises, Il était une fois, une quinqua indécise…

Perfusée à l’encre noire

 

 

L’écriture est une douce drogue,

Qui me tourne la tête et met mon cœur en fête.

Perfusée à l’encre noire, main guidée à l’aveugle.

Marionnettiste imaginaire chasseur d’idées sombres.

Âme tatouée, mots magiques, incantations lexicales, révélations vitales.

Dose extrême, tueuse de cafard, promesse d’espoirs, tout peut arriver.

Besoin d’elle dès le matin, envoûtée dans la journée, accro le soir encore.

L’écriture est une drogue. Je veux la garder, je n’peux pas m’en lasser.

Je suis dépendante, et pas près de lâcher mon clavier.

Perfusée à l’encre noire, je ne veux pas guérir, plutôt mourir.