PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : J’écris la nuit

couleurspantoneorangegrisvertbleu

wp-1500828222561.jpg

Photo ©Lamouetterieuse

J’écris la nuit

J’écris la nuit,

Avec l’encre de mon cerveau.

J’écris la nuit,

Dans mes rêves bourrés de mots.

 

J’écris la nuit,

Mon esprit ne cesse de bouillonner.

J’écris la nuit,

Fait voler les plumes dans mon oreiller.

 

J’écris la nuit,

Des suites vivantes pour mes histoires.

J’écris la nuit,

Dans un monde peuplé de cauchemars.

 

J’écris la nuit,

Virgule après mot, encore et encore.

J’écris la nuit,

Mais mes phrases au loin s’évaporent. 

 

J’écris la nuit,

Ivre d’effervescence lexicale, écrits d’émotions sans bruit.

J’écris dans ma sombre nuit,

Et rien de visible ne s’est produit.

 

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Tirer des traits

couleurspantoneorangegrisvertbleu

wp-1494264620841.jpg

Photo ©Lamouetterieuse

Tirer des traits

Ecrire, tirer des traits,

Tirer des traits, porter des charges,

Porter des charges, traîner sa vie,

Traîner sa vie, tirer d’un trait,

Tirer un trait. Tiré dessus. Exécution !

Ne plus écrire. Qu’un titre. Traître trait. S’est tiré.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : L’écrivain

couleurspantoneorangegrisvertbleu

wp-1493396673325.jpg

Photo ©Lamouetterieuse

L’écrivain

L’écrivain,

Celui qui écrit en vain,

Lance ses maux dans le vent,

Histoire d’être bien un temps,

Mongol-fier dans les airs,

Ballon de baudruche à terre,

Nuées de gaz éphémères,

Pluies de pensées délétères,

Toutes gonflées d’amertume,

Et qui n’rapportent pas d’thune.

 

L’écrivain,

Celui qui écrit en vain,

Qui rêve de jours meilleurs,

Se débat dans le malheur,

Souhaite la paix des hommes

Qui est si simple en somme,

Prie pour la paix des âmes

Et crie comme un pauvre âne,

Ignoré du tohu-bohu de la rue,

Par son papier reste seul lu. 

 

L’écrivain,

Celui qui écrit en vain,

D’une main malhabile,

De son vieux stylo bille,

Qui bien plus que son encre

Donnerait cent fois son sang,

Plus encore que du rêve,

Qui voudrait une vraie trêve

Pour apaiser les cœurs,

En adoucir les peurs.

 

L’écrivain,

Celui qui écrit en vain,

Un narcisse du grimoire

En recherche d’espoir,

Instable et imbécile, 

Flamand rose sans béquille,

Amoureux des belles lettres,

Empêtré de mal-être,

Ecrire d’un jet, c’est bien,

Jeter ses écrits, moins vain.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Ecrire.

couleurspantoneorangegrisvertbleu

wp-1490616256194.png

 

 

 

 

 

 

 

 

Ecrire

Ecrire de ne plus pouvoir sourire.

Ecrire au lieu de médire.

Ecrire pour éviter de fuir.

Ecrire d’avoir peu à dire.

Ecrire pour ne pas se finir.

Ecrire d’espérer en moins pire.

Ecrire alors juste par plaisir.

Ecrire, puis retrouver un peu de sourire.

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches, Les contes de la mouette : Le petit génie des mots

couleurspantoneorangegrisvertbleu

vélo rouge

Photo ©Christine Petitjean

Le petit génie des mots

Elle fut réveillée en début de nuit par le petit génie des mots qui venait lui grignoter le cerveau. Elle l’avait reconnu : il chevauchait comme toujours son petit vélo rouge, pédalant comme un fou entre les touches du clavier, zigzagant sur les trottoirs humides d’automne, traversant les allées sablonneuses d’un grand parc parisien, humant l’air iodé d’un petit sentier breton…

Il pédalait tellement vite qu’elle avait du mal le suivre : les mots s’enchaînaient en phrases qui lui plaisaient, lui arrachant des petits sourires à moitié endormis. Elle luttait pour ne pas se rendormir, espérant ses textes fascinants retenir. Dans le même temps, elle espérait secrètement pouvoir refermer les yeux sans tarder et finir cette nuit au plus vite, afin de restituer, le jour levé, tout ce qu’elle avait vu. De ce conflit intérieur, le petit génie se moquait éperdument. Il continuait son « petit bonhomme de chemin », maniant les phrases avec dextérité, trouvant les mots justes, les sonorités appropriées. Dans le silence de la chambre à l’obscurité épaisse, elle était éblouie, son cœur battait fort.

Fatiguée d’une lutte intérieure perdue d’avance, elle avait finit par perdre conscience et se réveilla trop tard le matin, le cerveau indécis, incapable de prononcer la moindre parole, une grimace au coin des lèvres. Le petit génie des mots avait laissé son vélo rouge contre l’écran endormi, avec une roue crevée qu’il n’avait pas pris la peine de réparer. Il avait dû filer se reposer d’une nuit littéraire qui l’avait épuisé. Elle se sentait désemparée, impuissante. Les mots qui l’avaient séduite dans son demi-sommeil, les phrases qui l’avaient charmée et qu’elle aurait tant voulu restituer, les idées qui l’avaient faite sourire, s’étaient en grande partie effacés. Il ne restait que quelques bribes tronquées, quelques pâles images, quelques bafouillis inaudibles. Tout était à rebâtir, laborieusement. Tout serait à ressaisir, il faudrait tout remettre en ordre, sans le sel de cette passion qui s’était évanouie au loin.

Elle regretta alors de ne pas avoir, dans son sommeil, osé enfourcher son grand vélo gris, celui qu’elle trimbalait depuis tant d’années, rouillé, cabossé, mais tant aimé. Elle aurait alors pu suivre, dans les dédales de sa mémoire, dans les circonvolutions de son cerveau, dans un cœur à cœur avec son amour des lettres, le petit génie des mots qui filait, espiègle diablotin dans le vent. Dans leur course littéraire, à chaque grincement de rayon, à chaque tour de roue, à chaque coup de guidon, ils auraient refait le monde pendant une seconde. Ils auraient donné souffle aux syllabes de la vie, le temps d’une courte nuit.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Témoignage écrit

 

couleurspantoneorangegrisvertbleu

DPS_What volonté

Je n’écris pas pour le néant,

J’écris ici pour maintenant.

Pour des lecteurs de passage,

Pour mes amis de tout âge.

 

Pour partager mes joies, ma peine,

Avec tous ceux que j’aime,

Sans craindre de me mettre à nu,

Devant de parfaits inconnus.

 

Un coup de gueule ou bien un cri,

Un trait d’espoir ou de poésie.

Une goutte perdue dans la mer,

Un poison fugace parfois amer.

 

J’écris, Ô pas pour qu’on se souvienne

De mes mots qui seront vite oubliés.

Mais pour que la génération qui vienne,

Dans la cohue créative de ses pensées,

Puisse à mon témoignage ou non s’accorder,

Entre ses mains sa tête poser,

Débattre, écrire, rêver, exploser,

Ou juste refaire un p’tit bout de société.