PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : D-É-S-E-S-P-O-I-R

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Photo ©Lamouetterieuse

D-É-S-E-S-P-O-I-R

Décider de quitter le tortionnaire de son cœur romantique, réduite à néant depuis 31 ans. Courage, fuyons !!

Et sombrer dans une dépression sous-jacente, visqueuse, vicieuse, lente, rampante et sadique.

Souhaiter disparaître à des millions de kilomètres sous terre, où se trouvent les petits Chinois de son enfance comme l’affirmait alors son oncle.

Envolée parmi les astres qui luisent dans le ciel noir, clins d’yeux invisibles le jour, petits hommes verts gentils, écolos bibi-ioio.

Se supprimer : de son certificat d’état-civil, des listes électorales, des fichiers de marques insignifiantes, des carnets d’adresses griffonnés de ses amis, de son ordinateur tant chéri.

Pour ne plus rien ressentir, ne plus sentir que le vide sidéral, sidérant, cynique, cyanhydrique.

Oublier qu’on a été, qui on était, qu’est-ce qu’on était généreux, con et naïf durant tous ces printemps, automnes, hivers… décennies d’inertie.

Imaginer le Paradis, jardin d’Eden retrouvé pour l’Éternité, sur l’herbe mouillée bras écartés, souffle d’une brise, invisible portée des chants d’oiseaux tout juste réveillés.

Regretter une vie ratée car volée, inaccomplie car manipulée, et pour la peine, souffrir sans fin la douleur infligée à ceux, précieux, qui faisaient battre son cœur des ailes du bonheur.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Le cri de la dépression

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Photo ©Lamouetterieuse

Le cri de la dépression

Une femme seule hurle dans sa maison. C’est le cri de la dépression. 

Plus déchirant que celui de la jouissance,

Plus douloureux que celui de l’enfantement,

Plus laid que le caprice du petit enfant,

Plus seul que le cri des manifestants,

Plus fort que le plus fort des hurlements.

Le cri de la dépression,

Vagissement hideux

De la bête blessée,

Éclatement non maîtrisé

De la tête prête à éclater.

Le cri de la dépression,

Nausée gutturale

Qui n’enlève pas le mal,

Appel involontaire

De l’âme solitaire,

Et refus de toujours être

L’oubliée des solidaires.

Le cri de la dépression,

Celui qui veut dire non

A la vie insipide,

A l’amitié délaissée,

A l’amour inaudible.

Le cri de la dépression,

Monologue abominable

D’une vie détestable,

Celui qui meurt des câlins

Qui jamais plus ne viendront.

Le cri de la dépression, c’est l’appel sans retour du cruel monde. C’est la laideur intérieure d’une bête immonde. Le déchirement vers l’infini d’une louve amère. Une femme seule hurlait dans sa maison.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : M’al’chimie

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M’al’chimie

  • J’ai d’ l’acide dans les yeux,
  • Du gaz au fond d’ la gorge,
  • Des doigts raides tout piteux,
  • Et l’estomac qu’enrage.
  • J’ai les lèvres amères,
  • Des joues creuses moribondes,
  • Les tripes à foutr’ en l’air,
  • Et des mollets d’ coton.
  • L’alchimie de l’amour,
  • C’était celle de l’aut’ jour,
  • Il a suffit d’un soir,
  • M’al’chimie désespoir.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Abandon

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Photo ©Lamouetterieuse

Abandon

Elle avait profité d’un carreau cassé pour se réfugier tout en haut du phare qui ponctuait la jetée. Elle se blessa au passage, mais ne sentit rien, alors que des perles de sang ourlaient la vitre acérée. Les griffes de ses pattes palmées étaient comme prises dans le granit du rebord inférieur de la fenêtre. Tétanisée. Muette. Vide. Lie-vide.

Dehors, le vent se déchaînait. Ses sifflements tournaient en danse macabre autour de l’édifice centenaire. En elle, des vagues remontaient de ses entrailles de mouette, hauts-le cœur, nausée salée, dégoût sale. On voulait lui dire : « hissez-haut, matelots ! Sursum corda ! » Mais elle était sourde. Absente. Insensibilisée.

Un rai de soleil se faufila entre deux gros nuages de plomb. Il lui transperça l’œil. Certains y auraient vu un signe, une touche d’espoir, une ouverture. Mais elle était devenue aveugle. Plongée dans le noir. Incertaine d’espoir. Lasse.

Ses copines braillaient au loin, bavardant de tout et surtout de rien. Il n’est pas vrai qu’ « un être vous manque et tout est dépeuplé ». Elle ne manquait à personne. Elle manquerait à peu. La vie continuait. La vie continuerait.

Elle ferma les yeux, scella son bec, baissa ses ailes, et se laissa choir. Statue quo. Aujourd’hui était déjà trop. Demain serait un autre jour. Fuite vers rien, espoir en peu, total abandon.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Noël désespéré

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Pour celui qui est seul et abandonné,
Lumières au firmament des rues, cœur brûlé.

Pour celui qui est seul et abandonné,
Cadeaux colorés, rubans dansants, cœur ficelé.

Pour celui qui est seul et abandonné,
Nourriture abondante, écœurante, gorge serrée.

Pour celui qui est seul et abandonné,
Cris de joie des enfants, cœur transpercé,
Noël désespéré, abhorré.

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : L’île du désespoir tranquille

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L’île du désespoir tranquille

Un chien gambade sur la grève, son maître traîne quelques pas derrière, butant sur les galets, le regard vers les nuages mais le cœur plein d’eau de mer, débordant d’amertume. Nausée.

Dans une petite crique, accroupi au creux des anfractuosités d’un rocher noir, il cherche la bêbête pour sa collection, mais c’est dans sa tête qu’il la sent, tourner en rond. Folie.

Elle a grimpé en haut du phare, pour y scruter l’horizon laiteux. Vigie immobile, aveugle balayée par le vent hésitant. Les Barbaresques, c’est pas pour maintenant. Angoisse.

Un mouette rit à gorge déployée sur la jetée de bois trempée. Un sourire sans dents fend sa tête ébouriffée. Elle se moque des bipèdes, à leurs mélancolies aliénés. Elle, possède les galets glacés, elle, détient les rochers déchiquetés, elle, domine le phare éborgné. L’île du désespoir tranquille est son territoire, à elle. Qu’on vienne pas lui chercher noise, qu’on se s’avise pas de lui voler ses histoires.

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