PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Antidépresseur

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Photo ©Lamouetterieuse

L’antidépresseur,

C’est cette armure intérieure

Qui repousse au loin ma mortelle douleur,

Qui me protège de mes actes de fureur,

Mais atténue les battements de mon cœur.

 

L’antidépresseur,

C’est cette armure intérieure

Qui affadit mes sombres ardeurs,

Qui aplanit mes épuisantes sautes d’humeurs,

Mais ralentit en moi le jet créateur.

 

L’antidépresseur,

C’est cette armure intérieure

Qui me soutient dans les heurts,

Qui est sensée me donner du rêve, du bonheur,

Mais éloigne mon âme perdue de mon Seigneur.

 

L’antidépresseur,

C’est cette armure intérieure

Demandée par moi à mon docteur,

Pour assécher mes inconsolables pleurs,

Pour retrouver une paix intérieure,

Mais qui, dans le silence, me fait mourir en douceur.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : La larme

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Détail de « La descente de Croix », Rogier van der Weyden (1435)

Tu laisses tomber ton front dans ta main. Tes yeux te brûlent, t’aveuglent. Supplice en silence majeur. Tout s’arrête, yeux fermés, souffle comprimé. Puis elle tombe. De nulle part. On dirait qu’elle surgit du néant. Elle te saisit. Elle est brûlante, goutte d’acide sur une joue morne. Perforation de chair amère.

La larme. L’alarme. L’âme en suspend. Entre pulsion de mort et non-désir de vie. La larme, c’est pourtant la vie qui coule, trop plein de souffrance. L’eau jaillie du côté perforé du Christ. Lui qui pleurait nos larmes, toutes les larmes de nos corps, tous les drames de nos âmes.

La larme. L’alarme qui te rappelle à la vie, quoi que tu veuilles, ou pas. Une goutte salée de l’océan de ton corps aqueux, condensé hideux.

La larme. Qui en entraîne d’autres dans sa chute inexorable. Qui aspire la lie de ton âme, désarmée, désespérée.

La larme. Qui trace un sillon infertile dans ta chair incrédule. Qui se figera, pétrifiée.

La larme. Jet clair, impure brûlure, improbable guérison. Cycle infernal, enfer sur terre.

La larme. Tranchant défi. A ne souhaiter à personne. Même pas à son pire ennemi.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Tirer des traits

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Photo ©Lamouetterieuse

Tirer des traits

Ecrire, tirer des traits,

Tirer des traits, porter des charges,

Porter des charges, traîner sa vie,

Traîner sa vie, tirer d’un trait,

Tirer un trait. Tiré dessus. Exécution !

Ne plus écrire. Qu’un titre. Traître trait. S’est tiré.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Pourquoi l’oiseau chante-t-il ?

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Pourquoi l’oiseau chante-t-il ?

Pourquoi l’oiseau chante-t-il ? Pourquoi s’égosille-t-il comme un imbécile ? Pourquoi clame-t-il la même rengaine dans les timides rayons du soleil ? 

Le bonheur, c’est donc carpe diem ?

Le bonheur, c’est donc la jeunesse ?

Le bonheur, c’est donc l’insouciance ?

Le bonheur, c’est donc l’amour partagé ?

Pourquoi mon cœur ne chante-t-il plus ? Pourquoi ne bat-il plus la chamade de l’amour indicible ? Pourquoi ne se réjouit-il plus de la vie au moindre rayon de soleil ? 

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Le cri de la dépression

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Photo ©Lamouetterieuse

Le cri de la dépression

Une femme seule hurle dans sa maison. C’est le cri de la dépression. 

Plus déchirant que celui de la jouissance,

Plus douloureux que celui de l’enfantement,

Plus laid que le caprice du petit enfant,

Plus seul que le cri des manifestants,

Plus fort que le plus fort des hurlements.

Le cri de la dépression,

Vagissement hideux

De la bête blessée,

Éclatement non maîtrisé

De la tête prête à éclater.

Le cri de la dépression,

Nausée gutturale

Qui n’enlève pas le mal,

Appel involontaire

De l’âme solitaire,

Et refus de toujours être

L’oubliée des solidaires.

Le cri de la dépression,

Celui qui veut dire non

A la vie insipide,

A l’amitié délaissée,

A l’amour inaudible.

Le cri de la dépression,

Monologue abominable

D’une vie détestable,

Celui qui meurt des câlins

Qui jamais plus ne viendront.

Le cri de la dépression, c’est l’appel sans retour du cruel monde. C’est la laideur intérieure d’une bête immonde. Le déchirement vers l’infini d’une louve amère. Une femme seule hurlait dans sa maison.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Je ne suis rien

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Flou-manteau rose

Photo ©Lamouetterieuse

Je ne suis qu’un escargot dans sa coquille,

Invertébré sans cervelle, baveux et débile,

Un chat dormant en rond dans sa corbeille,

Emmitouflé dans son pelage noir corneille.

 

Mais je sens en mon corps la corde de cet arc bandant,

Prêt à tirer par boomerang une flèche dans mes viscères,

Ce cri sourd de mes entrailles étouffé tout en-dedans,

Plus fort que celui du loup solitaire dans la clairière.

 

J’ai tant pleuré que je ne vois plus,

J’ai tant crié que ma voix s’est éteinte,

J’ai tant chancelé que je ne tiens plus,

Et ne rêve que d’une interminable étreinte.

 

Mes amours de jeunesse se sont envolées,

L’amour que j’ai cru-de-ma-vie s’est muté en harpie,

J’attends, cœur en prière vers les douces nuées, 

L’amoureux au sourire qui, enfin, me redonnera vie.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Dépression

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Photo ©Lamouetterieuse

Dépression

Tu me consumes de l’intérieur,

Brûlure d’une traître allumette sans flamme,

Coup d’un soleil décharnant sans chaleur.

 

Jour et nuit, tu brûles mes veines raidies,

Lentement déchires mes membres ramollis,

Écrases mes poumons d’un lourd ciment gris.

 

Tu voiles mes yeux irrités, impossibles à fermer,

M’enserres d’un vertige, me fais trébucher,

A chaque pas, me fais presque tomber.

 

Tu n’as jamais voulu avouer ton nom,

Que j’ai repoussé longtemps en moi, bien au fond,

Battante envers et malgré tout, toujours souriante face aux cons.

 

Aujourd’hui, je dois apprendre à t’accepter,

sauver ma vie, me ressaisir, prendre des armes, pour lutter,

Arracher enfin tes racines empoisonnées.

 

Je dois te bannir de mon esprit,

Redonner confiance à mon cœur meurtri,

Cultiver à nouveau la joie de l’enfant qui avait fui.

 

Je dois le sommeil retrouver,

Mes désirs secouer, réveiller,

Ma soif originelle de vie raviver.

 

Je dois les petits oiseaux réécouter,

Le ciel d’immensité pure contempler,

Les voix multiples du monde accepter.

 

Je dois supprimer l’influence de mes tortionnaires,

Les pousser tout droit vers leur terrible enfer,

Les oublier à jamais dans d’inaccessibles sphères.

 

Je dois repousser dans le néant mes vilaines pulsions,

Jeter le venin, renaître légère de mon propre cocon,

Ressusciter, revivre de mes propres et belles émotions.

 

Je dois penser tout ceci,

Je dois faire tout ceci,

Mais comme c’est lourd, aussi !

Dire enfin « non ! » à ta destructrice action,

Te rejeter à jamais, toi, l’abomination : la dépression.

d’autres « pensées sans retouches » à venir…