PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : J’écris la nuit

couleurspantoneorangegrisvertbleu

wp-1500828222561.jpg

Photo ©Lamouetterieuse

J’écris la nuit

J’écris la nuit,

Avec l’encre de mon cerveau.

J’écris la nuit,

Dans mes rêves bourrés de mots.

 

J’écris la nuit,

Mon esprit ne cesse de bouillonner.

J’écris la nuit,

Fait voler les plumes dans mon oreiller.

 

J’écris la nuit,

Des suites vivantes pour mes histoires.

J’écris la nuit,

Dans un monde peuplé de cauchemars.

 

J’écris la nuit,

Virgule après mot, encore et encore.

J’écris la nuit,

Mais mes phrases au loin s’évaporent. 

 

J’écris la nuit,

Ivre d’effervescence lexicale, écrits d’émotions sans bruit.

J’écris dans ma sombre nuit,

Et rien de visible ne s’est produit.

 

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

 

 

Publicités

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Jeux de maux : SOLITUDE

couleurspantoneorangegrisvertbleu

382e85f229c1ffc987a4951964dde6d2

SOLITUDE

Survivre à la foule hébétée,

Oublier les offenses acérées,

Laisser flotter ses rêves de beauté,

Inventer une vie belle et aimée,

Tuer les interdictions des cons,

Utiliser son imagination bridée,

Dérouler sa mémoire effacée,

Exister, enfin.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Qui eût cru ?

couleurspantoneorangegrisvertbleu

porte plume

Qui eût cru ?

Qui eût cru que du vol d’un oiseau s’envolerait un mot ?

Qui eût cru que des caresses du soleil brilleraient des merveilles ? 

Qui eût cru que de l’écran d’un nuage pâlirait un sourire ?

Qui eût cru que de la parure d’une nature scintillerait un joyau ?

Qui eût cru que d’un bruit superflu naîtrait un accord tendu   ?

Qui eût cru que d’un souffle écourté glisserait un soupir ?

Qui eût cru que d’un esprit déprimé jaillirait des idées ?

Qui eût cru que d’un sourire réprimé émanerait une phrase ?

Qui eût cru que d’une création inachevée vivrait une éternité ?

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches, Les contes de la mouette : Le petit génie des mots

couleurspantoneorangegrisvertbleu

vélo rouge

Photo ©Christine Petitjean

Le petit génie des mots

Elle fut réveillée en début de nuit par le petit génie des mots qui venait lui grignoter le cerveau. Elle l’avait reconnu : il chevauchait comme toujours son petit vélo rouge, pédalant comme un fou entre les touches du clavier, zigzagant sur les trottoirs humides d’automne, traversant les allées sablonneuses d’un grand parc parisien, humant l’air iodé d’un petit sentier breton…

Il pédalait tellement vite qu’elle avait du mal le suivre : les mots s’enchaînaient en phrases qui lui plaisaient, lui arrachant des petits sourires à moitié endormis. Elle luttait pour ne pas se rendormir, espérant ses textes fascinants retenir. Dans le même temps, elle espérait secrètement pouvoir refermer les yeux sans tarder et finir cette nuit au plus vite, afin de restituer, le jour levé, tout ce qu’elle avait vu. De ce conflit intérieur, le petit génie se moquait éperdument. Il continuait son « petit bonhomme de chemin », maniant les phrases avec dextérité, trouvant les mots justes, les sonorités appropriées. Dans le silence de la chambre à l’obscurité épaisse, elle était éblouie, son cœur battait fort.

Fatiguée d’une lutte intérieure perdue d’avance, elle avait finit par perdre conscience et se réveilla trop tard le matin, le cerveau indécis, incapable de prononcer la moindre parole, une grimace au coin des lèvres. Le petit génie des mots avait laissé son vélo rouge contre l’écran endormi, avec une roue crevée qu’il n’avait pas pris la peine de réparer. Il avait dû filer se reposer d’une nuit littéraire qui l’avait épuisé. Elle se sentait désemparée, impuissante. Les mots qui l’avaient séduite dans son demi-sommeil, les phrases qui l’avaient charmée et qu’elle aurait tant voulu restituer, les idées qui l’avaient faite sourire, s’étaient en grande partie effacés. Il ne restait que quelques bribes tronquées, quelques pâles images, quelques bafouillis inaudibles. Tout était à rebâtir, laborieusement. Tout serait à ressaisir, il faudrait tout remettre en ordre, sans le sel de cette passion qui s’était évanouie au loin.

Elle regretta alors de ne pas avoir, dans son sommeil, osé enfourcher son grand vélo gris, celui qu’elle trimbalait depuis tant d’années, rouillé, cabossé, mais tant aimé. Elle aurait alors pu suivre, dans les dédales de sa mémoire, dans les circonvolutions de son cerveau, dans un cœur à cœur avec son amour des lettres, le petit génie des mots qui filait, espiègle diablotin dans le vent. Dans leur course littéraire, à chaque grincement de rayon, à chaque tour de roue, à chaque coup de guidon, ils auraient refait le monde pendant une seconde. Ils auraient donné souffle aux syllabes de la vie, le temps d’une courte nuit.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Ma création

couleurspantoneorangegrisvertbleu

wp-1465038596619.jpeg

Ma création

Créés pour exister, nous sommes faits pour créer. Créer, parce que l’on existe, et non créer pour exister.

Ma création me devance avant que je ne la fasse exploser. Je suis son cœur, sa main, ses yeux. Je la façonne à mon image, mais dans le même temps, elle m’interroge et me ravage.

Ma création me rend vivante, mais sans la vie je ne pourrais lui donner chair. Elle se nourrit de mes peurs, de mes douleurs, de mes joies, de mes espoirs. Ma création, c’est une partie de moi, qui jaillit à un instant, qui s’élève et me comble, source de plénitude, ou qui me transperce et me fait douter, me plonge dans de longs tourments.  

Ma création me survivra, peut-être, d’une façon ou d’une autre, lorsque je ne serai plus là. Inconnue de beaucoup, elle sera présente dans quelques mémoires, celles de ceux que j’aime, et ce sera l’essentiel. Elle aura imprimé des touches de mon cœur dans les leurs.

Ma création n’est rien sans l’amour. Qu’elle séduise ou qu’elle dérange, qu’elle suscite le mépris ou le sourire, elle est toute entière amour de la vie, elle est l’amour de ma vie.

Si je ne suis rien sans l’acte de création, je ne suis rien sans preuves d’amour.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…