PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Pourquoi l’oiseau chante-t-il ?

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Pourquoi l’oiseau chante-t-il ?

Pourquoi l’oiseau chante-t-il ? Pourquoi s’égosille-t-il comme un imbécile ? Pourquoi clame-t-il la même rengaine dans les timides rayons du soleil ? 

Le bonheur, c’est donc carpe diem ?

Le bonheur, c’est donc la jeunesse ?

Le bonheur, c’est donc l’insouciance ?

Le bonheur, c’est donc l’amour partagé ?

Pourquoi mon cœur ne chante-t-il plus ? Pourquoi ne bat-il plus la chamade de l’amour indicible ? Pourquoi ne se réjouit-il plus de la vie au moindre rayon de soleil ? 

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Il fait froid

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Photo ©Lamouetterieuse

Il fait froid

Il fait froid dans ma maison.

Même fenêtres ouvertes, ne rentre pas la chaleur.

Il fait froid dans mon cœur.

Même bras ouverts, ne rentre pas l’amour.

Il fait froid dans ma vie vidée de passion.

Même avec la chaleur, même avec l’amour, même les bras ouverts, je me meurs.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Dépression

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Photo ©Lamouetterieuse

Dépression

Tu me consumes de l’intérieur,

Brûlure d’une traître allumette sans flamme,

Coup d’un soleil décharnant sans chaleur.

 

Jour et nuit, tu brûles mes veines raidies,

Lentement déchires mes membres ramollis,

Écrases mes poumons d’un lourd ciment gris.

 

Tu voiles mes yeux irrités, impossibles à fermer,

M’enserres d’un vertige, me fais trébucher,

A chaque pas, me fais presque tomber.

 

Tu n’as jamais voulu avouer ton nom,

Que j’ai repoussé longtemps en moi, bien au fond,

Battante envers et malgré tout, toujours souriante face aux cons.

 

Aujourd’hui, je dois apprendre à t’accepter,

sauver ma vie, me ressaisir, prendre des armes, pour lutter,

Arracher enfin tes racines empoisonnées.

 

Je dois te bannir de mon esprit,

Redonner confiance à mon cœur meurtri,

Cultiver à nouveau la joie de l’enfant qui avait fui.

 

Je dois le sommeil retrouver,

Mes désirs secouer, réveiller,

Ma soif originelle de vie raviver.

 

Je dois les petits oiseaux réécouter,

Le ciel d’immensité pure contempler,

Les voix multiples du monde accepter.

 

Je dois supprimer l’influence de mes tortionnaires,

Les pousser tout droit vers leur terrible enfer,

Les oublier à jamais dans d’inaccessibles sphères.

 

Je dois repousser dans le néant mes vilaines pulsions,

Jeter le venin, renaître légère de mon propre cocon,

Ressusciter, revivre de mes propres et belles émotions.

 

Je dois penser tout ceci,

Je dois faire tout ceci,

Mais comme c’est lourd, aussi !

Dire enfin « non ! » à ta destructrice action,

Te rejeter à jamais, toi, l’abomination : la dépression.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Cœur fané

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Photo ©Lamouetterieuse

Cœur fané

Cour de Rome. Les passants se hâtent vers mille destinations inconnues, au loin derrière leurs regards perdus. Leurs corps raidis par de matériels soucis s’entrechoquent sans émotion, fourmis égarées dans l’immense ville, pantins lobotomisés, poupées sans son vidées.

Elle a été jetée au sol, sur le macadam grisâtre. Pas fière, privée de son unique jambe qui lui donnait jadis des airs de ballerine élancée. Décapitée, sa tête roule de-ci, de-là, bousculée par une botte, un mocassin, une chaussure de sport. Dans l’indifférence générale d’un brouhaha poussiéreux.

Je me baisse et la ramasse avant qu’un coup de pied aveugle ne la déchire à jamais. Oiseau blessé, elle frémit au creux de ma paume gauche. Ses pétales dentelés découvrent un cœur brûlé, fané sur les bords. Un cœur pourtant jeune encore, plein d’espoir, gorgé d’amour, vidé de vie en l’espace de quelques minutes. Je frissonne, l’âme au bord de ses pétales de soie soulevés dans la brise douce d’un hiver qui va bientôt se retirer. 

Arrivée à la maison, je la dépose avec douceur dans une timbale d’argent remplie à ras bord de larmes tièdes. Rien ne sera trop raffiné pour ma rescapée. Son cœur fané reprend quelques couleurs, un délicat fard poudré, jolie marquise, tandis qu’à la contempler, mes lèvres me semblent perdre vie. 

Je n’avais pas réalisé à quel point mon cœur de femme délaissée par l’amour pouvait être fané.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Rêverie


Rêverie

  • La tête dans les nuages,
  • Un sourire sur mon cœur,
  • Chuis pas une enfant sage,
  • Je cherche que le bonheur.

 

  • Même pas peur d’un coup d’vent
  • Qui f’rait tourner ma tête,
  • J’attends du grand amour
  • Un avis d’forte tempête.

 

  • Les yeux vers le lointain,
  • Nous irons chancelants,
  • Ma main contre ta main,
  • Comme des petits enfants.

 

  • Nous boirons nos paroles,
  • Puis noierons nos regards,
  • Oublierons les idoles,
  • Pour une vie sans fards.

 

  • Les oiseaux, nos amis,
  • Nous prendront sur leurs ailes,
  • Nous volerons, étourdis,
  • Vers la lune éternelle.

 

  • Les grands sont des méchants,
  • Qui n’connaissent pas de trêve,
  • Moi je veux dès maintenant
  • Vivre toujours dans mes rêves.

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Les « english poems » de la mouette #8 : Ace of heart

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You’ve got it all,

What a sweat journey !

In your arms they all fall,

Attracted bees by honey.

 

Your open heart’s as wide

As the burning sky,

Ferocios knight and wild,

For no girls too shy.

 

You’re one heart of a kind,

But many souls in one,

Don’t you really mind

For once, leaving them alone ?

 

Above all lovers,

You stand, iced and cold,

Deny all others,

Fearless card and bold.

 

But here comes your King,

To earth you shall bow,

For you how heartbreaking

To lay down, stay low.

 

Your heart is no longer

Filled with others,

You’re no more The Lover

Master card of universe.

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : P’tit gars d’Paris #9 : Sacrés cœurs

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Sacrés cœurs

« En ce jeudi, libéré de l’école, et malgré mon sort scolaire incertain, j’étais autorisé à accompagner Maman à la Basilique de Montmartre, qui, avec ses amies, devait y rencontrer le Chanoine au sujet de leur association d’anciens combattants de la Grande Guerre. J’y étais déjà allé lorsque je n’étais, comme le disent les grands, pas plus haut que trois pommes. Du haut de mes sept-ans-et-demie, je vais pouvoir maintenant mieux admirer celle qui protège Paris depuis son trône immaculé. Pour rejoindre les amies de Maman qui l’attendent devant l’entrée, nous devons gravir des dizaines de marches, aventuriers à l’assaut d’un temple Inca. Arrivés au sommet, je remarque que ses joues se sont colorées d’un léger voile rosé. Un peu essoufflée, elle me regarde et sourit : Et bien, nous y sommes arrivés ! Maman a toujours le petit mot, la douce phrase, qui met un peu de bonheur dans mon cœur.

Nous retrouvons enfin ses amies devant le porche. Au moment d’entrer, l’une d’elles se retourne vers les marches et lance : Viens, Marie ! J’aperçois alors une petite fille de mon âge, au regard fatigué. Manteau marine, couettes dorées retenues par de gros rubans blancs, soquettes avachies sur des babies usées. Fragile petite poupée. Je tente de me ressaisir. Les jeunes garçons ne jouent pas à la poupée, c’est bien connu. Nous entrons sous l’immense voûte dorée, caverne aux trésors pour aventuriers perdus des villes. Avec les mamans, nous prenons place pour nous recueillir quelques instants. Agenouillé sur la pierre froide, je ne peux m’empêcher de tourner la tête vers Marie, pas ma maman du Ciel, mais la petite Marie. Yeux fermés, mains jointes dans ses petits gants blancs, elle prie, doucement. Si je ferme aussi les yeux, vais-je réussir à la rejoindre dans sa prière ? Elle semble bien malade, et, comme ça, sans réfléchir, je commence à prier pour elle.

Les mamans sont maintenant parties rencontrer le Chanoine de la Basilique. On nous a fait attendre dans la sacristie aux parfums d’encaustique et d’encens. Elle est sagement assise, yeux vers le sol, silencieuse. Comment t’appelles-tu ?, demandé-je, faisant mine de la découvrir à l’instant. J’espère que le Seigneur me pardonnera ce mensonge dans un lieu pareil !, me dis-je immédiatement, un peu coupable, mais aussi fier d’avoir osé briser la glace. Elle lève son petit minois et répond dans un souffle : Marie, tournant enfin son regard cerné vers moi. Noyé dans l’immensité bleue qui flotte à l’ombre de ses grands cils dorés, je m’efforce de lui offrir un sourire, mais c’est pas si facile pour nous, les garçons, de sourire comme ça à une fille ! A ma grande surprise, comme encouragée, elle prend à nouveau la parole : Maman dit que suis bien malade. La « tubercolosse », je crois. C’est pour cela qu’elle voulait que je l’accompagne ici. J’avais déjà entendu parler de cette terrible maladie qui avait emporté ma douce grand-mère dans d’épuisantes souffrances. Je reste perdu en silence dans mes pensées, puis remontant à la surface, vers la réalité, je lui demande à quelle école elle est. A Sainte-Marie de Neuilly, une école que de filles, glisse-t-elle dans un soupir. Enhardi, je m’entends lui répondre : Je suis à l’école de garçons Fénelon, près de l’église Saint Augustin à Paris. Mais pas pour très longtemps (je n’explique pas pourquoi, chuis pas trop fier)… Papa et Maman parlent de m’envoyer en pensionnat… loin d’ici… après Noël, je crois... Bizarrement, cette confession me serre le cœur à cet instant précis. Je ne sais pas trop pourquoi, moi qui m’étais finalement résolu avec joie à changer d’air, à la perspective de m’envoler bientôt vers une nouvelle aventure : une vie de pensionnaire à l’autre bout de la France…

Les mamans reviennent déjà, chuchotant, manteaux de reines, sourires gracieux, apparemment satisfaites de leur rendez-vous. Mais nous devons déjà nous quitter. Au revoir, Marie ! A bientôt, peut-être ? , osé-je d’un petit signe de la main, tandis qu’elle se retourne avec peine, emportée dans un tourbillon par la main énergique de sa maman.

Aujourd’hui, mon fier cœur de petit d’homme a rencontré un ange, un ange doré du Sacré Cœur de Paris, un ange fille, au cœur fragile. »

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