PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Encre du clavier en perfusion

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Photo ©Lamouetterieuse

Encre du clavier en perfusion

Anémie de mots trop prolongée,

Nullité de la pensée, neurones glacés,

Gorge serrée, de sentiments étouffée,

Oubli de la calligraphie, doigts raidis,

Inspiration faible, souffle coupé,

Sur-alimentation d’émotions,

Sous-alimentation d’expression,

Encre du clavier en perfusion, seule médication, à consommer sans modération.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Les comptines de la mouette : A portée de mots

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A portée de mots

Ce soir, j’en ai plein le DO (aïe ! difficile la vie d’écrivain !),

Alors, je m’envole vers l’île de  (c’est facile, je sais…),

Y retrouver mon a-MI (pas mon amant, vilaines langues),

Pour refaire le monde sur son so-FA (y’a du boulot, croyez-moi…),

Après quelques verres de « Bourbon », tomber sur le SOL (à consommer avec modération tout de même, hein),

Pas d’chichi, pas d’tra-la-LA (même si vous et moi nous n’avons peut-être pas les mêmes valeurs),

Et nous retrouver le lendemain matin sur le tapis asSI (oh, la vilaine faute… d’orthographe),

Récitant en chœur notre Cre-DO (rédemption en cours, please do not disturb).

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Petite, je détestais les leçons de solfège, si SI (parce que vous aimiez ça, vous ?),

Aujourd’hui, je suis grande et voi-LA (le suspens est intenable, n’est-ce pas ? pour preuve, je n’ai plus d’accent grave),

Je rêve d’un entre-SOL (un grenier pourrait aussi faire l’affaire, avis à ceux qui auraient),

Pour jouer seule du violoncelle en clé de FA (des mélodies de sous-bois),

Là, je serai libre, tout me sera per-MI (« liberté, liberté chérie… »),

J’y jouerai aussi des heures, des nuits, avec mon clavier ado-(il sait, lui, que je l’aime et il me le rend bien),

Pour vous offrir, encore et toujours, la musique de mes mots. C’est ca-DO (ne me remerciez pas, j’aime ça).

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

Les comptines de la mouette : U-ne mouette sur-un-clavier…

 

mouette de face u=yeux allongés

U-ne mouette sur-un-clavier
Qui-pico-re des-idées.
Pi-co-ti, pi-co-ta,
Lève la tête
Et ou-blie ça !

Les contes de la mouette : La sorcière du clavier

 

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Photo ©La mouette rieuse

Elle brouille mes pistes d’intuitions de ses messages subliminaux.

Elle m’attire dans son antre, tapi au plus profond des bois austères.

Elle lie mes mains inertes au poteau du supplice.

Elle scelle mes lèvres de son doigt nauséabond.

Elle fait trembler mon coeur sur les rythmes sombres de ses tambours.

Elle plonge son regard charbonneux dans mes yeux trempés de peur.

Elle m’embrouille les sentiments de ses tirades sibyllines.

Elle me tourne la tête de ses gestes mélangés, magicienne aux funestes visées.

Elle m’oblige à boire au calice de l’encre amère et de la terre, jusqu’à la nausée.

Enfin, elle me recrache, pantin épuisé, sur la mousse verdâtre, dans la froide clarté d’une lune argentée.

Allongée bras en croix, j’aperçois une chouette immaculée prendre son envol depuis la plus haute cime, fondre sur la sorcière, lui crever les yeux et la laisser inanimée.

Souffle coupé, je vois un flot d’encre épaisse couler de ses orbites effarés et glisser vers les touches grises en larmes sirupeuses.

Un cri strident m’arrache les oreilles, un filet d’air se faufile entre les battants de la fenêtre, lèvres entrouvertes, baiser de vie.

La lampe du bureau ranime mes doigts engourdis de son tiède halo pâle.

Pas même brûlée, la sorcière s’est noyée dans la tasse de café froid, laissant sur la cuillère un rictus amer et sur la soucoupe un cheveux cuivre en guise de signature.

 

Le clavier qui bafouille

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GFFFFKKKKII… mon clavier a bafouillé. Pendant mon absence, il a dû s’entraîner, mais, manquant de pratique, a écrit n’importe quoi sur la page que j’avais ouverte, laissée blanche et muette.

A moins qu’il n’ait voulu me transmettre un message en langage codé, tel que « J’ai une version de disque dur un peu ancienne » ? Ou peut-être s’exprimait-il tout simplement en langage informatique de base ? GFFFFKKKKII voulait-il dire « J’ai eu très froid pendant ton absence; il aurait vraiment fallu que tu fermes la fenêtre avant ton départ » ?

Visiblement las de m’attendre, il s’est éteint sur la table, tel un amant délaissé, fatigué de croire en vain à l’arrivée de sa bien-aimée devant un dîner préparé avec amour. Abandonnant tout espoir, les bougies se sont éteintes elles aussi, une à une, les roses se sont décharnées en pétales de sang.

Encore sous le choc, je crois entendre un ronronnement, tout près. Serait-ce mon clavier ? Non, puisque son hard-core s’est arrêté de battre juste avant mon arrivée. Je soulève la nappe et découvre mon félin d’appartement, papattes en rond, rêvant de GFFFFKKKKII, dans un frémissement incontrôlé de moustaches… ses coussinets encore imprégnés de l’encre indélébile de mon clavier, celui qui devant moi n’aurait jamais oser bafouiller.

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Le clavier qui fait mal

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Le clavier qui fait mal

Appuyer sur les touches du clavier,

C’est prendre des risques inconsidérés, oser le sidérant,

C’est piquer ses doigts à chaque frappe,

Se faire un sang d’encre, encre noire, électr-locution,

Blessures des mots, démesure d’é-maux-tions.

 

Appuyer sur les touches du clavier,

C’est respirer par ah-coups, soupirer en-dessous, choc du vide,

C’est déborder d’incertitudes, se gaver d’espoirs confus,

Puis retomber dans le silence de l’esprit,

Dans un embrouillamini embué.

 

Appuyer sur les touches du clavier,

C’est appuyer, appuyer, là où ça fait mal,

C’est percer les abcès du passé,

Faire gicler l’amère vérité,

Traîtresse tapie fond de soi, ani-mal blessé.

 

 

« Tabou-âge effet-mère »

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Elle avait souhaité se faire imprimer un tatouage éphémère.

Sans grande originalité, elle l’avait imaginé à son petit poignet.

Femme par essence, elle avait tout d’abord pensé à une rose veloutée. Mais c’était sans compter ses épines qui eussent percé sa chair délicate !

Légère, elle avait pensé à un papillon exotique. Mais ses couleurs à sa garde-robe n’eussent pas toujours été assorties !

Du signe du scorpion, elle avait pensé à l’austère insecte du désert. Mais elle n’eût pas supporté son destin funeste !

Amoureuse de l’Asie mystérieuse, elle avait pensé au symbole du Yin et du Yang. Mais c’eût été bien trop simple !

Bretonne dans l’âme, elle avait pensé à un triskel. Mais comme le symbole précédent, c’eût été bien trop évident !

Passionnée d’oiseaux, elle avait pensé à une mouette rieuse. Mais l’entendre râler à chaque levée de poignet ne l’eût guère fait sourire !

Pratiquante à ses heures perdues, elle avait pensé à un beau cœur sacré de Jésus. Mais c’était dans son propre cœur qu’elle voulait garder son Seigneur !

Symbole de bonnes nouvelles, elle avait pensé à l’hirondelle. Mais ne faisant pas toujours le printemps, cet oiseau n’était au fond qu’un menteur !

De guerre lasse, elle réalisa que, ce qu’elle espérait être un simple tatouage éphémère, n’eût finalement été qu’un vulgaire « tabou-âge effet-mère ».

Du coup, elle prit sa plume d’oie, la trempa avec soin dans l’encre noire de son clavier et commença, sur son poignet offert, à écrire en belles lettres anglaises, Il était une fois, une quinqua indécise…