PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : D-É-S-E-S-P-O-I-R

couleurspantoneorangegrisvertbleu

wp-1494533409705.jpg

Photo ©Lamouetterieuse

D-É-S-E-S-P-O-I-R

Décider de quitter le tortionnaire de son cœur romantique, réduite à néant depuis 31 ans. Courage, fuyons !!

Et sombrer dans une dépression sous-jacente, visqueuse, vicieuse, lente, rampante et sadique.

Souhaiter disparaître à des millions de kilomètres sous terre, où se trouvent les petits Chinois de son enfance comme l’affirmait alors son oncle.

Envolée parmi les astres qui luisent dans le ciel noir, clins d’yeux invisibles le jour, petits hommes verts gentils, écolos bibi-ioio.

Se supprimer : de son certificat d’état-civil, des listes électorales, des fichiers de marques insignifiantes, des carnets d’adresses griffonnés de ses amis, de son ordinateur tant chéri.

Pour ne plus rien ressentir, ne plus sentir que le vide sidéral, sidérant, cynique, cyanhydrique.

Oublier qu’on a été, qui on était, qu’est-ce qu’on était généreux, con et naïf durant tous ces printemps, automnes, hivers… décennies d’inertie.

Imaginer le Paradis, jardin d’Eden retrouvé pour l’Éternité, sur l’herbe mouillée bras écartés, souffle d’une brise, invisible portée des chants d’oiseaux tout juste réveillés.

Regretter une vie ratée car volée, inaccomplie car manipulée, et pour la peine, souffrir sans fin la douleur infligée à ceux, précieux, qui faisaient battre son cœur des ailes du bonheur.

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Le baiser

couleurspantoneorangegrisvertbleu

Le baiser_Maupassant signé

Le baiser

Il y a le baiser de la copine, léger sur la joue barbue de son copain, 

qui n’est pas d’humeur coquine, mais l’assure de son fidèle soutien.

 

Il y a le baiser de l’amoureuse, osé sur les lèvres entrouvertes,

qui brûle de communier sa passion, caresses de langues offertes.

 

Il y a le baiser de la maman, tendre sur le front de son enfant,

qui dort, innocent petit ange, dans ses bras paisiblement.

 

Il y a le baiser de Judas, de l’argent sale pour trahir Le Saint corps,

qui donne et trouve la mort, perclus d’impardonnables remords.  

 

Il y a le baiser de la mort, souffle amer sur l’être toujours surpris,

qui le plonge sans retour dans les ténèbres, baiser terminal pour tous ses oublis.

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Pourquoi l’oiseau chante-t-il ?

couleurspantoneorangegrisvertbleu

https://goo.gl/photos/pjhZ8Rk3zB4ruumPA

Pourquoi l’oiseau chante-t-il ?

Pourquoi l’oiseau chante-t-il ? Pourquoi s’égosille-t-il comme un imbécile ? Pourquoi clame-t-il la même rengaine dans les timides rayons du soleil ? 

Le bonheur, c’est donc carpe diem ?

Le bonheur, c’est donc la jeunesse ?

Le bonheur, c’est donc l’insouciance ?

Le bonheur, c’est donc l’amour partagé ?

Pourquoi mon cœur ne chante-t-il plus ? Pourquoi ne bat-il plus la chamade de l’amour indicible ? Pourquoi ne se réjouit-il plus de la vie au moindre rayon de soleil ? 

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Il fait froid

couleurspantoneorangegrisvertbleu

wp-1494264589205.jpg

Photo ©Lamouetterieuse

Il fait froid

Il fait froid dans ma maison.

Même fenêtres ouvertes, ne rentre pas la chaleur.

Il fait froid dans mon cœur.

Même bras ouverts, ne rentre pas l’amour.

Il fait froid dans ma vie vidée de passion.

Même avec la chaleur, même avec l’amour, même les bras ouverts, je me meurs.

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Eviter la glace

couleurspantoneorangegrisvertbleu

wp-1493219201955.jpg

Photo ©Lamouetterieuse

Eviter la glace

Eviter la glace,

N’est pas fuir temps qui passe,

Mais ignorer l’outrage,

Oublier rides et cernes,

Tain papier mâché terne,

Ovale informe, douleurs,

Crispation des couleurs.

 

Eviter la glace,

Te regarder en face,

En toi plonger sans fard,

Y trouver la douceur

Qui seule parle à mon cœur.

Je me moque du paraître,

Avec toi, ne veux qu’être.

 

Eviter la glace,

Miroir aux alouettes,

Moi je suis pas si bête,

Mais n’en fais qu’à ma tête.

Car toi seul me suffis,

Pour toi seul, je survis,

Mon doux et tendre ami.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Je ne suis rien

couleurspantoneorangegrisvertbleu

Flou-manteau rose

Photo ©Lamouetterieuse

Je ne suis qu’un escargot dans sa coquille,

Invertébré sans cervelle, baveux et débile,

Un chat dormant en rond dans sa corbeille,

Emmitouflé dans son pelage noir corneille.

 

Mais je sens en mon corps la corde de cet arc bandant,

Prêt à tirer par boomerang une flèche dans mes viscères,

Ce cri sourd de mes entrailles étouffé tout en-dedans,

Plus fort que celui du loup solitaire dans la clairière.

 

J’ai tant pleuré que je ne vois plus,

J’ai tant crié que ma voix s’est éteinte,

J’ai tant chancelé que je ne tiens plus,

Et ne rêve que d’une interminable étreinte.

 

Mes amours de jeunesse se sont envolées,

L’amour que j’ai cru-de-ma-vie s’est muté en harpie,

J’attends, cœur en prière vers les douces nuées, 

L’amoureux au sourire qui, enfin, me redonnera vie.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Pomme d’amour

couleurspantoneorangegrisvertbleu

pom'damour rose

Pomme d’amour

Dans le square parisien où l’herbe est si tendre qu’elle aimerait mâcher son vert aigu, sur la plage à l’étendue de sable blond si brûlante qu’elle se réfugie sur le velours de sa serviette, elle le voit, le marchand de douceurs. Elle le regarde s’approcher, cœur battant. Il pousse son petit chariot grinçant, cahin-caha, sans désir, sans joie, courbé sous le poids de l’habitude. Sans horizon, sans futur. Il ignore qu’il fait rêver les petits enfants qui, à son approche, promettront à leurs parents que « si, si ! », ils ont été bien sages pour mériter glace, beignet ou cacahuètes enrobées de caramel.

Elle, elle a toujours été sage, trop sage, trop seule, trop triste. Depuis toujours, elle rêve d’une pomme d’amour. Une pomme moelleuse recouverte d’un rutilant sirop craquant, une pomme énorme pour ses petites quenottes blanches, trop consistante pour son estomac d’oisillon. Elle imagine que c’est la pomme offerte par la reine jalouse à la pure et naïve Blanche Neige, vile tentation, vengeance empoisonnée, baiser de Judas. Une pomme trop belle pour être bonne, trop merveilleuse pour être vraie, trop parfaite pour le plus pur des cœurs.

Les années ont passé, des pommes sont tombées d’arbres par milliers. Chutes inévitables, flétrissement, peaux ridées et pourrissement annoncés. La pomme est devenu ce fruit peu aimé, celui du goûter où elle n’a pas faim, celui du régime où rien ne va bien, celui du jeûne où elle préfère rester ventre creux. Alors, plutôt que de croquer à mi-moitié un fruit qui sera gâché, la pomme délaissée finira sa triste vie dans le compotier, puis à la poubelle. Elle n’a plus envie de mordre à pleines dents dans la peau amère, lasse de croquer la vie dans ses derniers quartiers pleins de pépins. Elle en a assez, des pépins, tiens. Amertume.

Alors, yeux clos, elle repense à cette pomme d’amour, sucrerie pleine de promesses, clin d’oeil gourmand au fruit interdit, péché originel. Une douceur qui porte le mot « amour » ne peut qu’être diablement bonne. C’est promis, elle se fera offrir une pomme d’amour par celui qui lui offrira son cœur. Ils rompront à deux le sucre craquant, rouge à lèvres brillant, doigts collants, rires d’enfants. Puis découvriront la douceur de son coeur qu’ils dévoreront jusqu’au trognon.

Elle a tant attendu ce jour, qu’elle pourra l’attendre encore, sa délicieuse pomme d’amour. Car l’amour vient toujours. C’est écrit dans les contes. C’est gravé dans les cœurs des gourmands de la vie.

d’autres « pensées sans retouches » à venir…