PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Larmes

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Photo ©Lamouetterieuse

LARMES

Larmes d’âme

Se pâme une Dame

Ancrées profond

Gouttes d’encre

Jets en l’air

Sang mortifère

Sombre parterre

Points sur la toile

Broderie sans titre

Rire à aiguiller

Sens aiguisé

Pire éclaboussé

Gueule déformée

Boue infâme

Âme en larmes.

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

 

 

 

 

 

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : La larme

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Détail de « La descente de Croix », Rogier van der Weyden (1435)

Tu laisses tomber ton front dans ta main. Tes yeux te brûlent, t’aveuglent. Supplice en silence majeur. Tout s’arrête, yeux fermés, souffle comprimé. Puis elle tombe. De nulle part. On dirait qu’elle surgit du néant. Elle te saisit. Elle est brûlante, goutte d’acide sur une joue morne. Perforation de chair amère.

La larme. L’alarme. L’âme en suspend. Entre pulsion de mort et non-désir de vie. La larme, c’est pourtant la vie qui coule, trop plein de souffrance. L’eau jaillie du côté perforé du Christ. Lui qui pleurait nos larmes, toutes les larmes de nos corps, tous les drames de nos âmes.

La larme. L’alarme qui te rappelle à la vie, quoi que tu veuilles, ou pas. Une goutte salée de l’océan de ton corps aqueux, condensé hideux.

La larme. Qui en entraîne d’autres dans sa chute inexorable. Qui aspire la lie de ton âme, désarmée, désespérée.

La larme. Qui trace un sillon infertile dans ta chair incrédule. Qui se figera, pétrifiée.

La larme. Jet clair, impure brûlure, improbable guérison. Cycle infernal, enfer sur terre.

La larme. Tranchant défi. A ne souhaiter à personne. Même pas à son pire ennemi.

d’autres « pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Le sourire est la fêlure de l’âme

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Photo ©Lamouetterieuse

Le sourire est la fêlure de l’âme

Le sourire est la fêlure de l’âme,

De tendre chair la confiante et lumineuse fenêtre, 

Mon cœur léger, d’où jaillit un incoercible élan d’amour pour autrui.

Le sourire est la fêlure de l’âme,

De douce ivoire l’invisible et inflexible armure, 

Qui ment à mon cœur meurtri et veut d’abord protéger autrui.

Le sourire est la fêlure de l’âme,

Les apparences peuvent être heureuses,

Les apparences peuvent être trompeuses,

La joie, menteuse, peut être insidieuse,

Et la douleur, traîtresse, si aguicheuse.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : HAINE

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Photo ©Lamouetterieuse

Habiter la lie de son âme

Aimer mâcher sa chair putride

Inspirer ses relents pourris

Ne plus connaître la lumière

Et ne plus pouvoir vivre d’espoir, d’amour.

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Les yeux sont le miroir de l’âme…

 

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Les yeux sont le miroir de l’âme…

… Lacs débordants de larmes,

Sacs bourrés de gravas,

Saoûls, coulent, se noient,

Et finissent graba-terres.

 
Car quiconque s’y mire,

D’un reflet sans tain,

Plus que cela désire

Y voir écrit son destin.

 
Mais l’image est fractale,

Kaléidoscope inouï,

D’une attraction fatale

En spirale infinie.

 
Vertiges inconnus,

Subterfuges subtils,

À jamais détenus

Dans des geôles volatiles. 

 
Les yeux sont les mentors de l’âme,

Ils mentent et ils nient

Le désespoir qui brâme

De ceux qui les épient.

D’autres « Pensées sans retouches » à venir…

Happe-sens

 

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Ankou, ossuaire de Ploudiry, Finistère

Ils sont partis, pour toujours. Ne reviendront pas. Jamais. Papa après sa maman, Mamy après Papy. Pourtant, à chaque fois des voix se sont élevées en elle, silencieuse révoltée. Mais elle n’a rien pu faire, survivante clouée au sol, réduite au silence, impuissante épargnée, fille indigne. L’Ankou s’en fout, ne sait, ne fait que jouer avec les vies, fragiles fétus de paille sous sa faux impitoyable. Lame acérée pour âmes serrées. Moisson sanguinaire sous son sourire édenté, froide grimace figée.

Happés dans un tourbillon infernal, ils sont ailleurs, et sans doute quelque part. Sur leurs petites coques de noix incertaines, ballottés entre foi et questions, entre souvenirs et espérance, ils ne peuvent s’être abîmés dans le néant. Pas eux ! Ils attendent probablement de rompre leur solitude avec elle, avec ceux qui les ont toujours aimés.

Elle partira, un jour, sans l’avoir décidé non plus, jetée comme une pestiférée dans la charrette grinçante de l’Ankou. Elle se pliera au verdict final, condamnée pour avoir vécu. Là-bas, chantonnant des airs bretons avec sa petite grand-mère, elle ira humer avec délice les effluves de la cuisine de Mamy, réécoutera, sourire aux lèvres, les blagues de Papy, revivra les exploits de Papa, sans fin, pour toujours et à jamais. Récits de vie sus par cœur, tranches de bonheur, vie éternelle goûtée chaque seconde.

Et sans le vouloir, sans l’admettre, elle attendra à son tour. Revoir ceux qu’elle a aimés, qu’elle a déchirés contre son gré. Elle souhaitera attendre le plus longtemps possible, même si leurs sourires, leurs parfums, leurs regards lui manqueront pendant des milliards de secondes.

Dans sa toute-puissance, drapé dans sa noire suffisance, dans son cœur de granit, l’Ankou n’a rien compris à l’amour. Il n’est qu’un traître à la vie, haï. Amnésique, amputé de futur, un os à moelle creux et sec, vidé de substance. Un minable colporteur d’happe-sens.

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Deep-pression

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« Under pressure », Guia Besana

Deep-pression

Elle avait hâte qu’il parte, qu’il aille travailler, pour tenter d’y voir un peu plus clair, dans l’obscur de son âme abandonnée.

Elle rasait en rond les murs de son moi-si, prisonnière de tant d’inter-dits.

Son jardin secret n’était plus, des herbes sauvages l’avaient envahi, folles. J’ai descendu dans mon jardin… pour y cueillir tout mon chagrin…

Ses amies lui disaient : « Tu es triste ». Elle acquiesçait d’un sourire, triste et pâle. Plus que de la tristesse, c’était du mal-être, du malheur, de la maltraitance.

Derrière la façade des convenances, au-delà des sourires, par-delà les rires, la pression est pire, profonde : deep-pression.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…