BOUM !

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BOUM ! Mon cœur fait BOUM ! Ô non, il ne saute pas de joie, il sursaute de tristesse.

BOUM ! Mon cœur fait BOUM ! Ô non, il ne saute pas de joie, il pleure ses frères, explosés.

BOUM ! Mon cœur fait BOUM ! Ô non, il ne saute pas de joie, il prie pour la paix entre les hommes.

BOUM ! Mon cœur fait BOUM ! Ô non, il ne saute pas de joie, lui a été épargné, cette fois, pour témoigner que la vie, celle qui fait BOUM ! dans nos cœurs, sera toujours victorieuse de la mort.

Du coup, je me console en écoutant « le Fou chantant », et je crie : BOUM ! BOUM ! BOUM !

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J’ai rencontré Zeus

 

wp-1462442755340.jpegPersonne, à ma connaissance, ni de mes connaissances, n’a jamais rencontré Zeus. Moi, si. Je l’ai rencontré pas plus tard que ce matin. Je ne peux résister à l’envie de vous raconter cette éphémère rencontre. Intensité.

Je prenais mon métro quotidien, comme nombre d’entre-vous et, soudain, marchant machinalement pour rejoindre un siège en queue de rame, j’ai rencontré Zeus. Révélation. J’étais tellement interloquée, que je n’ai pas pensé à m’arrêter. J’aurais pu me laisser toucher du doigt, j’aurais pu faire parler ma voix, mais non, j’étais pétrifiée. Livide et froide, je suis devenue pierre, redevenue poussière, toute petite. Consternation.

Puisque vous n’avez jamais rencontré Zeus, qui descend rarement de l’Olympe, je vais, par charité, vous en peindre quelques traits, avant qu’ils ne s’estompent de mon esprit chahuté par le brouhaha de la foule. Imaginez un homme qui serait un mix harmonieux entre Donald Sutherland et un rockeur un peu fatigué. Grande stature, malgré sa position assise majestueuse, cheveux blancs bouclés longs juste ce qu’il faut, grands yeux un peu tristes, jean éculé et perfecto de cuir noir, bagouses d’argent aux doigts. Frappée sur l’instant, j’ai failli pourtant retourner sur mes pas et lui déclamer « Vous êtes beau, Monsieur ». Mais je n’ai pas osé, ce n’est pas ainsi que l’on s’adresse à Zeus, tout de même. J’aurais pu lui confesser « Vous êtes beau, mon Dieu », mais ce n’est pas ainsi que l’on s’adresse à un homme, non plus. Hésitation.

Engluée dans ma médiocrité, je n’ai rien dit, je suis partie, le cœur battant la chamade, sourire aux lèvres, un peu indigne. Imperfection.

Je vous souhaite de tout cœur de rencontrer vous aussi Zeus, dans une rame de métro, au boulot, au dodo. Faites-moi signe. C’est une rencontre inoubliable. Exception.

En revanche, je sais que je ne souhaiterais pas rencontrer Vénus. J’aurais un peu peur pour elle qu’elle ne prenne ombrage de ma présence éclatante. Illumination.

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : La mer dans un coquillage

couleurs+pantone+orange+gris+vert+bleu

La mer dans un coquillage

Elle avait ramassé des coquillages sur une plage bretonne et les avait mis dans un bocal. Cette cueillette compulsive ne s’était pas calmée avec l’âge. Elle repensait à elle, petite fille, qui aimait tant ces joyaux que la mer déposait sur le sable fin.

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Coquillages ramassés sur la plage de Damgan, Morbihan

La mer s’était retirée au loin, pour se reposer. La petite fille marchait sur le sable mouillé, tête penchée. Par chance, l’immensité de la plage la préservait d’un obstacle, car elle n’aurait rien vu, occupée à scruter le sol ! Elle ne cherchait aucun modèle de bijou en particulier, tous lui plaisaient. La mer n’était donc pas une grande coquette, comme elle l’imaginait, pour rejeter ses parures aux pieds des hommes ? Ou aimait-elle, au contraire, en changer aussi souvent que de toilette ? La petite fille les voulait tous, tant ils étaient magnifiques ! Leurs doux roses, leurs beiges sablés, leurs ors bruns. Le Créateur avait dû en passer du temps à les façonner ! Leur toucher était tout aussi surprenant. Les nacres douces et si friables, les coques au dos strié, les mini escargots jaune d’or qui glissaient des doigts ou les rugueux bulots verts mousseux, sans oublier les galets scintillants de mica. Parfums d’iode et de sable mêlés, sel de la vie.

Plus encore, sa grand-mère lui avait appris qu’en collant son oreille à celle d’un coquillage, l’on pouvait entendre la mer ! Incroyable ! Elle avait enfin trouvé un gros bulot et le contemplait, au creux de sa petite main. Comment était-ce possible ? Terriblement tentée, elle n’osait pourtant, car sa déception eût été en proportion de ses espoirs. Enfin, elle colla doucement son oreille contre le coquillage qui attendait et entendit… la mer ! C’était donc vrai ! Le ressac qui allait et venait, les vagues qui allaient s’écraser avec fracas pour mourir au loin… Mouvement perpétuel, appel de l’océan. En tendant encore mieux l’oreille, elle avait même pu saisir le cri d’une mouette !! Bouche bée, elle était émerveillée par tant de beauté. Le Créateur avait donc réalisé cet exploit qu’aucun homme n’aurait réussi, de conjuguer beauté visuelle, tactile, olfactive et auditive. Harmonie.

Elle remonta lentement la plage, ses poches alourdies de trésors par centaines. Pirate des plages. Quarante ans plus tard, elle ne pouvait s’empêcher de descendre sur le sable sans ramasser un coquillage, puis deux, puis trois,… puis dix,… des centaines de coquillages. Âme de petite fille, par la mer attirée, toujours émerveillée.

à suivre…

 

 

 

 

La Maman des poissons

La mouette aime bien les poissons, comme la Maman des poissons, et surtout, comme Boby Lapointe, bien accommodés !

La Maman des poissons

Si l’on ne voit pas pleurer les poissons
Qui sont dans l’eau profonde
C’est que jamais quand ils sont polissons

Leur maman ne les gronde
Quand ils s’oublient à faire pipi au lit

Ou bien sur leurs chaussettes
Ou à cracher comme des pas polis
Elle reste muette

La maman des poissons, elle est bien gentille !

Elle ne leur fait jamais la vie
Ne leur fait jamais de tartines
Ils mangent quand ils ont envie
Et quand ça a dîné, ça r’dîne

{Refrain:}
La maman des poissons, elle a l’oeil tout rond
On ne la voit jamais froncer les sourcils
Ses petits l’aiment bien, elle est bien gentille
Et moi, je l’aime bien avec du citron

La maman des poissons, elle est bien gentille !

S’ils veulent prendre un petit ver
Elle les approuve de deux ouïes
Leur montrant comment, sans ennuis,
On les décroche de leur patère

{au Refrain}

La maman des poissons, elle est bien gentille !

S’ils veulent être maquereaux
C’est pas elle qui les empêche
De s’ faire des raies bleues sur le dos
Dans un banc à peinture fraîche

{au Refrain}

La maman des poissons, elle est bien gentille !

J’en connais un qui s’est marié
A une grande raie publique
Il dit quand elle lui fait la nique
« Ah! qu’est-ce qui tu me fais, ma raie ! »

{au Refrain}

Si l’on ne voit pas pleurer les poissons
Qui sont dans l’eau profonde
C’est que jamais quand ils sont polissons
Leur maman ne les gronde
Quand ils s’oublient à faire pipi au lit
Ou bien sur leurs chaussettes
Ou à cracher comme des pas polis
Elle reste muette

La maman des poissons, elle est bien gentille !

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Le fil de la vie

couleurs+pantone+orange+gris+vert+bleu

Le fil de la vie

Dimanche des Rameaux. En ce début de Semaine Sainte, elle imagine cette jolie Bretonne, qui sur sa vie se questionne.Rameau

Morbihan, début du XXème siècle, une petite maison de granit aux volets bleus. A la faible lumière du jour qui pointait, elle continuait son ouvrage commencé il y a trois mois. Le fil blanc entre ses doigts frêles s’écoulait par a-coups, vie dure, mauvais coups. Il montait plein d’espoir vers le ciel, puis redescendait vers des abîmes effrayants. Huit heures trente venaient de sonner au clocher du village, l’interrompant dans ses pensées. Elle glissa l’aiguille fatiguée dans les fibres de la toile de lin et posa son ouvrage inachevé dans la petite corbeille en osier.

Sa robe du dimanche, moire noire austère, crissait sur ses hanches. Elle avait noué autour de son coup le doux ruban de velours ébène, et cette petite croix d’ivoire ouvragé que sa grand-mère lui avait donné le jour où elle était devenue jeune fille. Elle posa sa coiffe immaculée sur ses cheveux noir ondulés, fiancée prête à rencontrer son Bien-aimé. Elle glissa son petit missel, précieux compagnon, dans son aumônière de noir velours brodé. Parure du dimanche, fierté familiale, sainteté. Soupir, maigre sourire. 

Les fidèles en tenue du dimanche se pressaient vers l’église de granit, imposant refuge de pierres centenaires. Aïeuls rabougris soutenus par leurs cannes chancelantes, enfants sautillant, femmes bavardant, hommes au regard soucieux sous leur chapeau noir ourlé de velours. Eux aussi, peuple multiple de Dieu, avaient rendez-vous avec le Sauveur. Pour Lui, elle avait tant ciré ses bottines qu’elles reflétaient les nuages gris. Ses petits pas pressés cliquetaient sur les pavés du chemin. Chemin de vie chaotique. Tristesse infinie. Ne pas tomber. Ne surtout pas retomber. 

L’église froide embaumait l’encens, rien n’était assez bon pour le Bien-aimé. Elle repensait à Marie Madeleine, ses cheveux parfumés qui baisaient les pieds du Seigneur. Humilité. Qu’avait-elle à Lui offrir, que sa pauvre vie ?  C’était Lui qui allait l’offrir pour elle. C’était toujours Lui qui s’offrait aux hommes. Les vitraux colorés furent soudain éclairés par un rai de soleil. Esprit Saint. Le rameaux de buis qu’elle serrait entre ses doigts avait un parfum inoubliable, senteur amère. Elle le serra encore plus fort sur sa poitrine, bois de la croix, cri silencieux du Très-haut. Trahison. Abandon. Amour. Son cœur battait la chamade, une larme coula sur sa joue.  

Quand la messe fut finie, elle retourna à sa petite maison, plume légère dans le vent qui se levait. Elle reprit son ouvrage inachevé, vie en attente. Le fil blanc courrait maintenant avec confiance sur la toile de lin bistre. Elle repensait à Lui, Fils du Père, qui ne L’oubliait jamais, à Sa vie donnée, à la sienne sauvée.

à suivre…

 

Passion, passionnément

mains chef d'orchestrePassion selon Saint Matthieu, Jean-Sébastien Bach. Le chef mène ses choristes et son orchestre à la baguette. D’un point de vue extérieur, un néophyte pourrait se demander à quoi il sert, puisque ceux qui sont en face de lui semblent se débrouiller très bien sans son intervention ! Mais ils se ravisent et imaginent que s’il y a un chef d’orchestre, c’est sans doute qu’il est nécessaire. De fait, pour un œil non averti, c’est son seul rôle de chef qui importe, il est là pour diriger, c’est lui le chef, le maître à bord après tout. Einz, zwei, drei, Papagai ! Et ce n’est pas faux. Le chef d’orchestre donne les départs, par pupitre, par instruments, il accentue les nuances, il précise les altérations, il appuie sur les intonations. C’est lui qui donne les repères, qui encadre, qui tape sur les doigts si besoin.

Mais pour celui qui a expérimenté la vie de choriste, ou de musicien, c’est une toute autre partition. « Le chef » (on l’appelle « chef », pas comme un « sergent-chef », plutôt comme « Maître », autre de ses noms, proféré avec la plus grande déférence) agit aussi en symbiose avec ses (oui, vous avez bien lu, pas « ces », mais « ses ») musiciens et choristes. Il les encourage d’un léger sourire, yeux mi-clos, ou les gronde en fronçant les sourcils, et là, il ne faut surtout pas le contrarier, sinon ça va barder !!

Tendu vers eux, il attend leur respons, suspendu à leurs lèvres, leurs archets. Une communion s’opère entre les différents protagonistes, acte d’amour au son des notes, respirations accordées, modulations symbiosées, accord majeur, pause, bémol, dièse, demie-pause, LÂ-LÂ-LÂLÂLÂ…, crescendÔÔÔ… suites, decrescendo… puis on finit par passer en mineur, RHÔÔ…, les sons se font plus torturés, plus sourds. Tous souffrent, mais que c’est BÔ !! Ils communient à la même oeuvre, écrite par un autre partenaire, parfois plusieurs centaines d’années auparavant ! Sous sa baguette, la musique unit les femmes, les hommes, les voix, les cordes et les vents, dans le même espace et traverse le temps ! MÂgÎque !! ÂÂÂH… Extase ! Jouissance musicale indescriptible ! Le public est même partie prenante, c’est dire comme c’est grand ! Expérience unique, chaque demie-croche, chaque seconde, chaque demi-soupir compte.

Pour conclure sur une petite note souriante, je reprendrais volontiers cette phrase de Henry de Montherlant :

« Le chef d’orchestre abaissa sa baguette, et toutes les personnes qui étaient sur la scène se mirent ensemble à faire du bruit. »

 

 

 

Petits bonheurs du jour

petite bretonne sourire

Mine de sourire

Entrée de l’hôpital.
Un militaire armé jusqu’aux dents, jambes stables, visage pâle, et un vigile, tout en mouvements, visage d’ébène, dents blanches, yeux ronds.
Après les formalités d’usage, voyant que j’arbore un grand sourire, ce dernier me dit : « C’est agréable un sourire. Pas comme ces gens qui ont une mine de cire. » (il faisait même des rimes !)
Je réponds : « Pourquoi ajouter notre peine à celles des autres ? Un sourire, c’est plus agréable ! ».
Grâce à ce petit échange, c’est lui en réalité qui m’a donné du sourire au cœur. Et j’ai passé une journée meilleure.