Aux marches du Palais

  1. Aux marches du Palais, aux marches du Palais,
    Y’a une tant belle Marianne, lon, la, y’a une tant belle Marianne.
  2. Elle a tant d’amoureux, elle a tant d’amoureux,
    Qu’ell’ ne sait lequel prendre, lon, la, qu’ell’ ne sait lequel prendre.
  3. C’est un p’tit bricoleur, c’est un p’tit bricoleur,
    Qu’a eu sa préférence, lon, la, qu’a eu sa préférence.
  4. Et c’est en lui mentant, et c’est en lui mentant,
    Qu’il lui fit sa demande, lon, la, qu’il lui fit sa demande.
  5. La bell’ si tu voulais, la bell’ si tu voulais,                                                                                           Nous baiserions la France, lon, la, nous baiserions la France.
  6. Dans un grand lit carré, dans un grand lit carré,
    Drappés dans son drapeau, lon, la, drappés dans son drapeau.
  7. Aux quatre coins du lit, aux quatre coins du lit,
    Une fière rose rouge, lon, la, une fière rose rouge.
  8. Dans le mitan du lit, dans le mitan du lit,
    La Seine y est profonde, lon, la, la Seine y est profonde.
  9. Tous les fayots du roi, tous les fayots du roi,
    Y trinqueraient ensemble, lon, la, y trinqueraient ensemble.
  10. Et là, couleraient la France, et là, couleraient la France,
    Jusqu’à la fin du monde, lon, la, jusqu’à la fin du monde.
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« Car-aime »

C’est aujourd’hui le début du Carême.

En fait, c’est plutôt le « Car-aime ».
Du coup, facile à dire, pour une mouette rieuse,

Mais plus difficile à mettre en pratique, tous les ans.

Tous les jours. Chaque jour, jusqu’au dernier de sa vie.

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Photo ©La mouette rieuse

Homme libre, toujours tu chériras la mer !

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La tempête qui frappe les côtes ouest de la France depuis ces dernières heures me rappelle que l’homme a toujours mis un point d’honneur à maîtriser les éléments, avec plus ou moins de succès. Mais c’est la mer qui a souvent le dernier mot, ou, par chance, l’avant-dernier, pour peu qu’elle soit un peu distraite. La mer, orgueilleuse indomptable.

Les éléments qui se déchaînent avec fureur sont fascinants. Ils répondent en écho aux fracas de notre coeur et submergent nos vagues de larmes. Si forts et si proches, harmonieux mais implacables.

Heureux est celui qui peut les contempler à l’abri, bien au chaud devant sa petite lucarne, et non trempé jusqu’aux os dans son cockpit, les pupilles brûlantes de sel, aveuglé, cramponné et ballotté. Me revient à la mémoire Papa, à la barre de notre voilier, fier maître à bord, plissant les yeux, luttant contre le vent et les embruns, grimaçant comme un vieux loup de mer. Après avoir usé nos yeux sur l’horizon à la recherche de phares et affûté nos oreilles à repérer les balises, comme il était bon d’arriver enfin au port pour poser un pied mal assuré sur le quai qui chancelait tel un marin ivre ! Guerriers de la mer, conquérants, mais épuisés, nous découvrions le brouhaha de la vie terrestre, la dureté des visages, les cris des mouettes affamées qui tournoyaient au-dessus de nos suroîts.

Les récits de marins ne cessent de nous enseigner l’humilité dont l’homme doit faire preuve face à la puissance impitoyable de la mer. Je repense notamment aux contes bretons de Pierre-Jakez Hélias, au roman Pêcheur d’Islande de Pierre Loti ou bien à ce poème de Charles Baudelaire, L’homme et la mer, qui résonne encore en moi, comme une tempête qui jamais ne s’apaise :

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

La mouette rieuse

Capitaine tempête, un bipède comme moi, breton, tenace et entier, qui vole au secours des naufragés

La mouette rieuse