PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Antidépresseur

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Photo ©Lamouetterieuse

L’antidépresseur,

C’est cette armure intérieure

Qui repousse au loin ma mortelle douleur,

Qui me protège de mes actes de fureur,

Mais atténue les battements de mon cœur.

 

L’antidépresseur,

C’est cette armure intérieure

Qui affadit mes sombres ardeurs,

Qui aplanit mes épuisantes sautes d’humeurs,

Mais ralentit en moi le jet créateur.

 

L’antidépresseur,

C’est cette armure intérieure

Qui me soutient dans les heurts,

Qui est sensée me donner du rêve, du bonheur,

Mais éloigne mon âme perdue de mon Seigneur.

 

L’antidépresseur,

C’est cette armure intérieure

Demandée par moi à mon docteur,

Pour assécher mes inconsolables pleurs,

Pour retrouver une paix intérieure,

Mais qui, dans le silence, me fait mourir en douceur.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Le baiser

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Le baiser_Maupassant signé

Le baiser

Il y a le baiser de la copine, léger sur la joue barbue de son copain, 

qui n’est pas d’humeur coquine, mais l’assure de son fidèle soutien.

 

Il y a le baiser de l’amoureuse, osé sur les lèvres entrouvertes,

qui brûle de communier sa passion, caresses de langues offertes.

 

Il y a le baiser de la maman, tendre sur le front de son enfant,

qui dort, innocent petit ange, dans ses bras paisiblement.

 

Il y a le baiser de Judas, de l’argent sale pour trahir Le Saint corps,

qui donne et trouve la mort, perclus d’impardonnables remords.  

 

Il y a le baiser de la mort, souffle amer sur l’être toujours surpris,

qui le plonge sans retour dans les ténèbres, baiser terminal pour tous ses oublis.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : La larme

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Détail de « La descente de Croix », Rogier van der Weyden (1435)

Tu laisses tomber ton front dans ta main. Tes yeux te brûlent, t’aveuglent. Supplice en silence majeur. Tout s’arrête, yeux fermés, souffle comprimé. Puis elle tombe. De nulle part. On dirait qu’elle surgit du néant. Elle te saisit. Elle est brûlante, goutte d’acide sur une joue morne. Perforation de chair amère.

La larme. L’alarme. L’âme en suspend. Entre pulsion de mort et non-désir de vie. La larme, c’est pourtant la vie qui coule, trop plein de souffrance. L’eau jaillie du côté perforé du Christ. Lui qui pleurait nos larmes, toutes les larmes de nos corps, tous les drames de nos âmes.

La larme. L’alarme qui te rappelle à la vie, quoi que tu veuilles, ou pas. Une goutte salée de l’océan de ton corps aqueux, condensé hideux.

La larme. Qui en entraîne d’autres dans sa chute inexorable. Qui aspire la lie de ton âme, désarmée, désespérée.

La larme. Qui trace un sillon infertile dans ta chair incrédule. Qui se figera, pétrifiée.

La larme. Jet clair, impure brûlure, improbable guérison. Cycle infernal, enfer sur terre.

La larme. Tranchant défi. A ne souhaiter à personne. Même pas à son pire ennemi.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Petit brin d’herbe

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Petit brin d’herbe

Je me souviens que lorsque j’étais petite, j’aimais, à travers la fenêtre de ma place arrière en voiture, regarder les paysages qui défilaient. Mes yeux fixés sur rien laissaient le ruban des champs et des arbres défiler comme un film sans fin. J’aimais aussi particulièrement saisir du regard, en une fraction de seconde, un petit brin d’herbe bien vert et le conserver en mémoire aussi longtemps que je le pouvais. J’aimais me demander quelle serait son existence dans les heures ou les jours à venir. Lui auquel personne ne s’intéressait, semblable à tant d’autres petits brins d’herbe verts du bas-côté de la route. Des milliards, des milliers de milliards de congénères, dans l’indifférence la plus totale de l’homme, des éléments météo ou des roues des véhicules.

Or, il se pouvait qu’un conducteur perde le contrôle de sa voiture et se retrouve en quelques tonneaux dans le bas-fossé. Écrasant sous quatre traînées de roues terreuses des milliers de petits brins verts, dont peut-être celui que j’avais conservé en mémoire pendant des dizaines de kilomètres loin devant. Malgré le souvenir où je tentais de le préserver intact, je n’aurais pu le sauver de ce carnage. Il aurait été mortellement froissé et aurait recueilli, l’espace d’une seconde, le dernier souffle du conducteur, son regard hébété avant le passage dans un monde dont on ne sait s’il est tapissé de petits brins d’herbe verts similaires. Une goutte épaisse de sang aurait fini de le noircir et d’achever sa brève existence, rosée mortelle.

Mais je ne voulais pas que mon petit brin d’herbe connaisse une fin si tragique. Je voulais qu’il vive longtemps le long du bas-côté de la route. Quitte à être éclaboussé par les immenses roues d’un poids lourd, couché par le souffle d’une moto, ou tout simplement chauffé par le soleil couchant dans le calme de la route redevenue tranquille. Petite fille, j’étais telle un géant à côté de lui et pourtant, ne pouvais rien changer à sa destinée. Et je me sentais encore plus impuissante que lui. Lui, avait été libre de pousser où il avait voulu, au bord de cette route-ci et non de ce petit chemin solitaire-là. Lui, penchait sa tête dans le vent, avec joie et légèreté. Lui, n’avait aucun soucis d’école ou de santé. Lui, avait la chance d’une vie éphémère, fragile mais libre. Et, d’une certaine façon, après m’être inquiétée de son sort, je l’enviais. J’enviais sa simplicité, sa fraîcheur, sa pureté, son humilité.

J’étais une petite fille et suis devenue une femme. Et j’aime toujours regarder le bandeau de la nature qui défile derrière le carreau de ma voiture. Sans le vouloir, je recherche toujours un petit brin d’herbe vert, descendant d’une multitude dont je ne connaîtrais jamais tous les destins particuliers. Et j’en serai éternellement chagrinée. Car qui dit qu’il n’y a pas aussi une place dans le cœur de mon Créateur pour un seul petit brin d’herbe ? Puisque c’est Lui, dans sa Toute-Puissance, qui l’a créé pour ravir mon regard, mon imagination et mon admiration ?

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Tirer des traits

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Photo ©Lamouetterieuse

Tirer des traits

Ecrire, tirer des traits,

Tirer des traits, porter des charges,

Porter des charges, traîner sa vie,

Traîner sa vie, tirer d’un trait,

Tirer un trait. Tiré dessus. Exécution !

Ne plus écrire. Qu’un titre. Traître trait. S’est tiré.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Pourquoi l’oiseau chante-t-il ?

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Pourquoi l’oiseau chante-t-il ?

Pourquoi l’oiseau chante-t-il ? Pourquoi s’égosille-t-il comme un imbécile ? Pourquoi clame-t-il la même rengaine dans les timides rayons du soleil ? 

Le bonheur, c’est donc carpe diem ?

Le bonheur, c’est donc la jeunesse ?

Le bonheur, c’est donc l’insouciance ?

Le bonheur, c’est donc l’amour partagé ?

Pourquoi mon cœur ne chante-t-il plus ? Pourquoi ne bat-il plus la chamade de l’amour indicible ? Pourquoi ne se réjouit-il plus de la vie au moindre rayon de soleil ? 

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Il fait froid

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Photo ©Lamouetterieuse

Il fait froid

Il fait froid dans ma maison.

Même fenêtres ouvertes, ne rentre pas la chaleur.

Il fait froid dans mon cœur.

Même bras ouverts, ne rentre pas l’amour.

Il fait froid dans ma vie vidée de passion.

Même avec la chaleur, même avec l’amour, même les bras ouverts, je me meurs.

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