PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Mes textes

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clinique des reves

Mes textes

Mes textes, c’est de l’immatériel. De la matière intellectuelle façonnée sous mes doigts. Par la grâce du clavier elle s’imprime sur un « cloud » puis s’évanouit ici-bas. Plus légère que l’air de mon bureau, moins dense qu’un livre sur mon étagère. Promesse de réflexion, espoir de rêves, paroles vagabondes. Nuage gazeux.

J’écris comme si je machouillais un épais chewing-gum rose dont je ferais, dans une grande inspiration, une énorme bulle qui éclaterait sur mon visage. Je contemplerais alors tous ces mots qui jailliraient de cette giga bulle pour s’éparpiller sur mes mains ! Des phrases, des promesses, du non-sens. Du comique. Du tragique. La vie. L’amour. La mort.

Mes écrits ne sont pas de ceux que l’on cite en exemple : « les paroles s’envolent mais les écrits restent ». Les miens s’envolent loin, par-delà mon ordi, au-delà de la fenêtre, vers l’azur illimité. Mes écrits ne connaissent pas la contrainte. Rebelles comme ma nature. Ils sont libres à jamais. Comme les rêves.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Toi mon amour

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pas grave detre sensible

Toi mon amour

 

Toi mon amour que je n’aurai jamais,

Tu frôles ma joue de ton aile douce,

Murmures des mots qui s’émoussent,

Blanches colombes qui s’envolent

Vers des cieux silencieux.

 

Toi mon amour que je ne croiserai jamais,

Tu poses ta joue sur mon cœur,

Fais vibrer ma poitrine qui pleure,

M’arrache des larmes amères

Jetées dans des lacs glacés.

 

Toi mon amour perdu à jamais,

Tu t’effaces de mes folles pensées,

Disparais loin de ma destinée,

Orpheline de mon ardent désir,

Consumée jusqu’à m’éteindre, enfin.

 

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Carré blanc

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boîte mouchoirs maison

Carré blanc

On la trouve dans chaque bureau de psychiatre. Elle est là, immobile, épaules coincées dans son cube. Silencieuse, elle attend son heure de boîte de mouchoirs. Le bla-bla ininterrompu du malade coule sur ses parois et dégouline en mots chancelants sur le bureau en métal, tandis que le médecin, absorbé par ses réflexions face aux confessions de son patient, note des centaines de mots de spécialiste sur son clavier. Clic-clic…

Entre les bla-bla et les clic-clic, elle sent la migraine monter. Il fait de plus en plus chaud dans la pièce, le malaise est palpable. Elle attend « le » mot qui fera tout chavirer, « le » déclic assassin qui fera basculer la tension interne du malade. Tiens, celui-ci vient juste de ralentir son débit verbal, puis se tait brusquement comme s’il avait trébuché pieds nus sur un gros caillou. Subitement, le psychiatre arrête de frapper son clavier, lève les yeux vers le malade. Un silence qui semble une éternité saisit les protagonistes. Puis une lourde larme roule sur la joue du malade. Une autre prend le relais. Le psychiatre, qui semble avoir retrouvé l’usage de la compassion, tend sans bruit la boîte à son malade. Celui-ci hésite, puis saisit un mouchoir, tandis qu’un gros soupir fait se lever ses épaules. « Tant mieux » ? « tant pis » ? Peu importe, la douleur a explosé, le malade est épuisé, le médecin soulagé. La boîte a joué son grand rôle !

Le patient est reparti avec une longue ordonnance et un mouchoir en papier en boule dans sa poche. Le psychiatre se jette enfin vers l’arrière dans son fauteuil en cuir, s’essuie les mains avec un mouchoir immaculé. La boîte de carrés blancs a repris sa place sur le bureau, dans l’attente du prochain patient. Digne, telle une diva d’opéra, elle lisse les plis de sa robe de soie sauvage et prend l’air détaché de celle qui n’a pas de sentiments. Enfin…

 

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Rai

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Photo ©Lamouetterieuse

Rai

Tu as transpercé ma vitre en douceur, voleur en collant chair. Un instant tu as caressé ma joue avant de t’éclater sur la porte et sur le mur. Sans bruit. Comme un clin d’oeil. Je sentais ta chaleur vanille sur la menuiserie et le miel parfumé sur les tomettes anciennes. J’admirais les formes géométriques qui tu imprimais, ces barres en tous sens, cette mystérieuse croix au bras tronqué. J’avais le souffle coupé.

Je vois des spectres que l’on ne perçoit pas, goûte des images qui s’imposent à moi. Je m’émeus d’un trait de lumière au cœur de l’après-midi, dans le confort de mon salon, à l’abri des premiers frimas de l’hiver. Je tombe en amour d’un rai de lumière, fugace mais tenace comme un parfum éventé. Un rai de lumière qui éblouit ma vie de sa mystérieuse apparition.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Putain de maladie !

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bite your fear

Photo ©Lamouetterieuse

Putain de maladie !

Tu te croyais plutôt au-dessus de la moyenne au plan intellectuel, extraterrestre mal dans cette société, puis tombe le diagnostic : bipolarité.

Tu te croyais douée pour manier lettres et idées, poètécrivain depuis que tu fréquentais les cours de récré, puis tombe le diagnostic : bipolarité.

Tu te relevais même pendant la nuit noire pour tremper tes doigts dans l’encre incertaine du clavier, puis tombe le diagnostic : bipolarité.

Tu bouillonnais d’idées, parlais à grandes enjambées, partageais sans cesse tes associations d’idées, puis tombe le diagnostic : bipolarité.

Tu t’écroulais sous les mots un peu durs des autres, face à l’injustice de la société, à la vue d’animaux maltraités, puis tombe le diagnostic : bipolarité.

Tu t’effondrais puis fonçais vite sous ta couette te réfugier, nuit et jour à chialer, esprit vidé, vilaines idées, puis tombe le diagnostic : bipolarité.

Tu te laissais manipuler, résiliente et patiente, aimante, jamais méfiante, pauvre conne, première blessée, puis tombe le diagnostic : bipolarité.

 

Un trouble, une maladie ? Peut importe son étiquette. La bipolarité s’amuse avec ton esprit, petite chimiste sadique de ton cerveau. Elle te fait croire que tu es beau, intelligent, gentil, mais tu dois en payer le prix. Faustien. Lorsque tu flottes en « up »*, elle te plonge dans le « down »**. Quand tu es au fond du down, elle hésite à te faire remonter. Tu vis sans cesse sur une corde raide, dans une barque qui roule, soulevée par la lame et projetée dans le creux de la vague. Vague-à-l’âme, nausée. Révolte. Violence envers les autres, contre toi-même. Incompréhension, déni de la part de ceux que tu aimes.

Tu n’es rien, qu’une poupée de chiffon, molle, sale et dégoûtante. Tu perds ta famille, tes amis te fuient, tes collègues se méfient, le monde se tape de toi. Alors tu guettes l’arc-en-ciel qui mettra à nouveau des paillettes dans tes yeux. Il arrivera, ou pas; tu ne le sauras jamais. L’espoir est pour toi une denrée rare. La bipolarité te l’a même piqué. Les psychiatres te gavent de médocs et tu obéis, gentil patient plein d’espérance. Les laboratoires pharmaceutiques devraient te remercier d’être leur cobaye.

 

La bipolarité, c’est cette salope qui te fais des coups par derrière à longueur de vie. Tu es né avec, puis elle a surgi un jour ensoleillé ou orageux. Tu pourras toujours atténuer ses effets, elle te collera à la peau jusqu’au tombeau. Putain de maladie !

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* : « up » = hypomanie, manie (exaltation)

**: « down » = dépression

PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : Paris, ville lumière

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Hidalgo Paris pourrie

Paris, ville lumière

Retrouver Paris, ville lumière. Janvier 2018. Ses trottoirs jonchés de chewing-gums, maculés de crachats blanchâtres, de déjections canines (ou pas…), de pisse qui dégouline, de mégots qui s’y collent…

Retrouver Paris, ville lumière. Ses couloirs de métro redécorés de vomis dans les recoins, de papiers paumés qui tourbillonnent, d’odeurs âcres, de relents de sueur alcoolisée, d’aisselles au parfum bon marché…

Retrouver Paris, ville lumière. Ses SDF qui tentent de trouver le sommeil dans des couettes crasseuses, une canette de bière premier prix à moitié renversée à leurs pieds teints de saleté…

Retrouver Paris, ville lumière. Assourdissante, elle arrache mes oreilles de ses sons stridents, mon cœur de ses « boums-boums » terrifiants.

Retrouver Paris, ville lumière. La Tour Eiffel scintille de mille feux, phare dans la nuit, grande dame de fer dans un gant de velours nocturne, brodé d’étoiles. Non loin, des appartements cossus partagent avec avarice la douce lueur de leurs intérieurs

Retrouver Paris, ville lumière. Une envie de gerber me saisit à chaque pas. Il ne faut pas, faux-pas. Je me retiens, de peur d’aggraver le tableau de désolation qu’offre cette ville enviée par les touristes du monde.

Je me moque de savoir si c’est plus crade, plus pollué, plus dégueu, plus triste dans d’autres capitales au monde. Je ris au nez de ceux qui se rengorgent de ce que ses squares sont aujourd’hui mieux entretenus, que sont plantés ici ou là sur les trottoirs des arbres entourés de végétation éco-responsable (à quel prix, ces jachères ?), que les vélos circulent désormais librement n’importe où (et surtout n’importe comment).

La France, c’est mon pays, le pays de mes ancêtres. Un pays avec une histoire critiquable sans doute sur certains points, mais une histoire vivante, qui fait ma fierté. Paris, c’est une ville où j’aurais habité pendant 33 ans, témoin impuissant de sa lente mais inexorable dégradation. A l’image de notre pays. Une capitale jadis prestigieuse, aujourd’hui pouilleuse, désertée chaque jour par ses habitants. La faute à qui ? L’hystérique-hispanique ?

Paris, ville lumière. Éteinte.

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PAR PETITES TOUCHES, pensées sans retouches : La bulle de mon cœur

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Photo ©Lamouetterieuse

La bulle de mon cœur

J’ai au fond de moi, tout au fond, une bulle remplie d’eau, lac tranquille aux eaux froides, cœur dormant. Présente, je la sens s’élever par moments, doucement, puis redescendre dans son alcôve de chair. Je ne m’inquiète pas, c’est comme un ressac.

Mais parfois, telle un courant d’arrachement, elle remonte, très haut, trop haut. Haut-le-cœur. Elle déborde de son lit, passe par-dessus le barrage de ma gorge et va exploser dans mes orbites tendus. Son eau glacée, devenue brûlante, creuse des sillons dans mes joues. Je pleure, avec ou sans raison. La bulle de mon cœur ne m’a pas prévenue et ne m’a rien expliqué. Je suis vide. Épuisée.

J’ai toujours au fond de moi, tout au fond, une bulle remplie d’eau qui absorbe mes émotions, grossit, enfle et attend sagement le moment où elle va déborder pour m’inonder à nouveau. C’est la bulle de mon cœur. Patiente, passionnée et dévastatrice.

d’autres « Pensées sans retouches » à venir…